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Le Comité
L'assemblée générale

logo  Procès verbal de l'assemblée 2000 (activités 1999)


Société d'histoire et d'archéologie du canton de Neuchâtel

Assemblée générale au Château de Valangin
Salle des Chevaliers, samedi 17 juin 2000

Mme Myriam Perriard-Volorio, présidente, ouvre la 136ème assemblée générale de la société, souhaite la bienvenue à la trentaine de membres présents et transmet les excuses d'une quinzaine d'autres. L'ordre du jour est approuvé.

Procès-verbal de la dernière assemblée générale du 12 juin 1999. Deux corrections sont apportées. Mme Jacqueline Rossier précise qu'en 1998, il n'y a pas eu 6 expositions consacrées à la Révolution de 1848 mais une exposition et 6 causeries. M. Willy Haag tient à rectifier la transcription de ses propos sur les effets de la décentralisation des activités : ceux-ci seraient positifs et non pas négatifs. De plus, il n'a pas prôné " l'abandon des sujets ‹scientifiques› " mais parlé en faveur de sujets " peut-être moins scientifiques ". Le procès-verbal est approuvé.


Rapport de la présidente. Après lecture de la liste des membres décédés durant l'année, l'assemblée observe une minute de silence. La présidente rend compte de quelques points administratifs. Une carte de membre de la SHAN, donnant accès libre au musée de Valangin sera remise dès l'an prochain. La gestion des fichiers des membres de la SHAN et des abonnés de la RHN est désormais effectuée par Mme M. Weber afin de gérer au mieux les doubles affiliations donnant droit à un rabais de Fr.10.-. Les archives de la SHAN sont déposées dans l'abri du château de Valangin et quelques membres du comité ont entrepris un premier classement.

La présidente rapporte ensuite le travail effectué pour la succession de Jacqueline Rossier au poste de conservatrice du Château et Musée de Valangin. A l'issue des entretiens avec les 4 candidates sélectionnées parmi une quarantaine de dossiers, le choix s'est porté sur Mme Françoise Bonnet Borel, qui est entrée en fonction le 1er avril. Soulagé d'avoir trouvé une conservatrice, le Comité reste très préoccupé par le problème non résolu du financement de ce poste. La subvention du DIPAC (Fr.15000.- par an, moins 5%), complétée par la SHAN (1'500.-), équivalait à un salaire pour 12 heures de travail hebdomadaire, ce qui est notoirement insuffisant. Dans les faits, les heures effectuées par Mme Rossier correspondaient à un taux d'occupation de 50%, voire plus, et il paraissait évident que le poste de conservatrice devait être repourvu sur cette base au minimum. Comment financer le poste ? Un prélèvement dans les fonds de la Société aurait tôt fait d'épuiser ses ressources et hypothéquerait les activités de la société. Le comité s'est tourné vers le DIPAC qui a accepté d'augmenter sa subvention à 20'000.- pour l'an 2000, 25'000.- pour 2001 et 30'000.- dès 2002, sans prendre d'engagement au-delà de cette date. Au nom de la société, la présidente remercie l'Etat : sans cette subvention l'avenir du musée de Valangin ne serait pas assuré. La SHAN continuera à compléter la subvention étatique dans la mesure de ses moyens et le comité cherche une solution pour assurer à long terme un salaire plus adéquat avec les exigences du poste.

Le souci de la présidente est d'autant plus aigu que le nombre de membres continue de s'éroder, malgré le chiffre réjouissant de 27 affiliations nouvelles. La présidente remercie les nouveaux membres, et les autres, pour leur soutien et leur intérêt pour les activités de la SHAN. Cet intérêt existe au-delà du cercle des membres ; le comité continuera d'ouvrir les animations aux non-membres de la SHAN, en exigeant d'eux une juste contribution. En conclusion, la présidente remercie l'ensemble des personnes qui œuvrent au bon fonctionnement de la SHAN et du Château.

Rapport de la commission des animations. Mme Caroline Neeser évoque les 7 manifestations organisées durant l'année et souligne quelques réussites. Imaginée par la présidente, la nouvelle formule du jeu-rallye a rassemblé une bonne quarantaine de participants dans les rues de la vielle ville de Neuchâtel. La 124ème et dernière Fête d'été a rassemblé environ 80 personnes à Montmirail. (voir la Chronique dans RHN 2000/1-2).

Rapport de la commission des publications. M. Thierry Christ rappelle que la commission travaille depuis 1997 au projet de relance des publications de la Société. Annoncée comme imminente à l'assemblée générale de 1999, la parution du premier volume de la nouvelle collection des Cahiers d'histoire et d'archéologie neuchâteloise a été retardée par des problèmes de financement. L'ouvrage de Thierry Christ et Sabine Riard, Du réduit communal à l'espace national : Le statut des étrangers dans le canton de Neuchâtel 1750-1914, paraîtra cette année aux éditions Gilles Attinger. Il sera proposé aux membres de la SHAN à un prix très avantageux (32 francs), d'une dizaine de francs inférieur au prix après souscription. La charge de directeur de publication est assumée par Yves Froidevaux.

La commission travaille dores et déjà à la parution du deuxième volume de la collection. Un manuscrit a été choisi ; il s'agit du mémoire de licence de Christophe Stawarz, prix Fritz Kunz 1999. La publication est prévue pour l'automne 2001 ; le comité de la Société fera alors le point sur le résultat financier de l'opération, qui sera poursuivie sur les mêmes bases si elle n'entraîne pas de trop gros déficits.

Rapport de la commission des colloques. Depuis 1993, la SHAN organise un colloque tous les deux ans. Le quatrième colloque, consacré à l'histoire des migrations, Partir pour travailler : mobilités et migrations professionnelles à Neuchâtel et en Suisse (fin XVIIIe - milieu XXe siècle), s'est tenu le 20 novembre à la Faculté des Lettres et sciences humaines de l'Université de Neuchâtel. Six conférences, dont cinq consacrées à l'histoire neuchâteloise et une au Tessin, ont été suivies par 20 à 40 personnes, selon le moment de la journée. La participation est jugée satisfaisante par le comité qui déplore cependant l'absence de la presse. La publication des actes dans la RHN est prévue pour fin 2000 ou début 2001. La commission n'a pas encore choisi le thème du colloque 2001 ; elle étudiera volontiers d'éventuelles propositions des membres de la société.


Rapport de la conservatrice du Château et Musée de Valangin. Mme Jacqueline Rossier présente à l'assemblée un rapport détaillé de l'ensemble des activités de l'année 1999, activités " de l'ombre " essentiellement, de gestion des collections, préparation des expositions et des animations, recherche de fonds, etc. Tout ce travail a été effectué avec le soutien de l'équipe de bénévoles, laquelle a enregistré le départ de M. René Poget qui est remercié pour son investissement en faveur du musée.

Collections

Une partie importante des collections a été transférée dans l'abri ; elle est désormais conservée dans des conditions adéquates. Au chapitre des acquisitions, toutes à la suite de dons, Mme Rossier en signale deux particulièrement importantes : l'une de vêtements du XIXe siècle, l'autre de pièces de dentelles prestigieuses, préparées par des dentellières des Verrières à l'intention de la reine Louise lors de son passage en 1842. Le couple royal prussien n'étant finalement pas allé aux Verrières, ces pièces étaient restées dans la famille des négociants de dentelles du lieu jusqu'à ce jour.

Peu sollicité en 1999, le Musée a prêté des pièces de vêtement pour l'exposition commune des musées de Besançon et de La Chaux-de-Fonds Froid dehors, chaud dedans et pour l'exposition Le Pâquier 1900-2000, mémoire d'un village. La conservatrice évoque également l'aboutissement des démarches pour le " rapatriement " et le dépôt à Valangin d'un tableau de M. de Meuron, Le Camp de Valangin (MAHN), jusqu'alors déposé dans un bureau de la caserne de Colombier ( ! ) et demeuré inconnu du public. Au chapitre des restaurations, celle du canon, dépôt de la commune de Cernier, s'avère plus difficile que prévu ; l'avenir de cette pièce demeure incertain. Les dons d'argent individuels, notamment ceux versés par les membres de la SHAN sur le compte du Château, restent stables mais peu importants depuis plusieurs années.

Expositions temporaires

De mars à mai : Edouard Jeanmaire, peintre très prisé à la fin du XIXe siècle en particulier dans le Haut du canton ; la collection du musée (dessins, gravures, photos inédites, correspondance de l'artiste), acquise par la SHAN dans les années 1970, a été complétée d'œuvres prêtées par des particuliers et par les musées du Locle et de la Chaux-de-Fonds. Cette exposition a donné l'occasion de retrouver la trace de descendants du peintre qui ont fait don au musée d'une peinture à l'huile et de plusieurs gravures.

De juin à octobre, l'exposition Ces Chers Petits... de l'enfant sage à l'enfant-roi a présenté l'importante collection de vêtements de la petite enfance, récemment remise en valeur par Mmes Jaquet, Robert et Sandoz. Outre la présentation des pièces les plus significatives, des recherches historiques ont permis d'évoquer l'évolution des théories de puériculture de la fin du XIXe siècle à nos jours. Cette exposition a reçu un large soutien de la presse orale et écrite et le public a été vivement intéressé.

Animations

Les démonstrations de dentellières ont eu lieu les derniers dimanches du mois ainsi que sur demande pour de nombreux groupes. Mme Rossier souligne que les activités des dentellières dépassent largement les murs du château (marchés artisanaux, rencontres internationales, stages de dentelle) et contribuent à la renommée du musée. L'activité musicale s'est déroulée en 4 animations du dimanche et 4 concerts ; à mentionner encore la salve du 1er mars, la récolte de photos anciennes du Val-de-Ruz par voie de presse, qui a donné lieu à une projection publique en novembre, et le traditionnel goûter-conférence des dentellières en décembre, avec une présentation sur les dentelles de pailles par Mme Montandon.

Aménagements intérieurs et travaux d'entretien du bâtiment et des alentours

Plusieurs vitrines et salles ont été réaménagées : la vitrine du 1er étage traitait du thème de l'écriture, celle de la salle Louis XVI d'hygiène et de beauté tandis que l'office évoquait le port du tablier. Les travaux d'entretien du bâtiment, exécutés sous la direction de l'Intendance des bâtiments, ont concerné le mur d'entrée (portail), l'éclairage extérieur et la résolution de problèmes d'infiltrations sous la terrasse.

Aide financière pour les expositions

La Loterie romande a apporté un soutien de 25'000.- pour les expositions; un soutien précieux sur lequel Mme Rossier reviendra dans son bilan d'activités.

Fréquentation du musée

La conservatrice ne peut sur ce point que dresser le constat désagréable d'une fréquentation en baisse pour la deuxième année consécutive. A peine 6000 visiteurs payants ont franchi le seuil du château en 1999. Cette baisse, même si elle est constatée de manière générale dans les musées d'histoire du pays, renforce le comité de la société dans sa prise de conscience de la nécessité de trouver des solutions pour donner une vie nouvelle au château et à son musée. Il est impératif que la muséographie et l'aménagement des salles soient repensés et adaptés au nouveau millénaire.

Bilan de l'année et évocation de 11 ans d'activité de conservatrice

Passant en revue la longue liste de ses activités, au vu du travail considérable effectué par l'ensemble de ses collaborateurs, Jacqueline Rossier tire un bilan très satisfaisant de cette année charnière, achevée dans le soulagement d'avoir trouvé une conservatrice compétente pour lui succéder. Toutefois, le bilan reste en demi-teinte en ce qui concerne le taux de fréquentation, " inversement proportionnel à la renommée du Château et Musée, désormais acquise ". Mme Rossier saisit cette occasion pour répéter que, malgré l'aide de l'Etat, malgré la bonne volonté du Comité, malgré les injections d'argent de quelques sponsors, le musée ne peut plus continuer longtemps à fonctionner sans moyens financiers réels, porté à bouts de bras par du personnel bénévole et une conservatrice à temps partiel chargée en outre de toutes les tâches administratives.

Plutôt que de retracer l'historique de 11 ans et demi passés à la tête du musée, Jacqueline Rossier tient à remercier le comité de 1988 et sa présidente, Madeleine Bubloz, qui lui ont confié la direction du musée appartenant à la SHAN, ainsi que les membres des comités successifs et du comité actuel. Modeste, Jacqueline Rossier dit avoir travaillé en amateur, au premier sens du terme de " quelqu'un qui aime, cultive et recherche ". Si elle s'est parfois sentie très seule, elle a trouvé un soutien moral auprès " d'un personnel bénévole merveilleux " et de " trésorières dévouées ". En dépit des difficultés, Jacqueline Rossier a eu un immense plaisir à concevoir et réaliser des expositions, à mettre sur pied des animations et des concerts, à pouvoir " concrétiser ce dont F. Loew, R. M. Girard et M. Evard n'auraient même pas osé rêver ", c'est-à-dire la création de l'abri des biens culturels, et enfin à mettre sur pied L'affaire Rocher. Jacqueline Rossier exprime sa profonde gratitude à tous les collaborateurs bénévoles, à M.Gallandre en particulier, à M. et Mme Sandoz les gardiens, à M. Ph. Donner architecte cantonal et à ses collaborateurs de l'intendance des bâtiments, au journaliste M. Ph. Chopard pour l'intérêt constant qu'il a manifesté à l'égard de notre château, à la direction du collège de La Fontenelle qui lui a permis de " jongler " entre ses deux métiers, à ses collègues conservateurs... Elle adresse également sa reconnaissance à la Loterie romande, à l'Etat de Neuchâtel et à tous les sponsors réguliers ou occasionnels et termine son allocution de départ en remerciant Isabelle Meyer, décoratrice fidèle, ses amis et sa famille.


Rapport de la commission financière. Les comptes, le bilan et le budget 2000 sont présentés Mme Graziella Lesch, trésorière. Au cours de la discussion, elle rappelle que malgré le bon rendement des fonds cette année la vigilance reste de rigueur. La diminution des cotisations est préoccupante alors que la société doit augmenter sa participation au salaire de la conservatrice et que la subvention du DIPAC n'est acquise que jusqu'en 2002.

Le rapport des vérificateurs des comptes, MM. Alexandre Renaud et Jean-François Henrioud donne décharge à la trésorière et les comptes sont approuvés par l'assemblée.

Bilan au 31 décembre 1999

Actifs

Passifs

Actifs

Fr.

Fr.

Caisse

129.65

CCP 20-1247-9

38'041.00

CCP 20-7769-4

33'568.30

BCN, ép. ord. SHAN

42'836.90

BCN, ép. ord. Château

5'552.90

BCN, dépôt de titres

0.00

B. Bonhôte & Cie SA, c/c

1'906.10

B. Bonhôte & Cie SA, placement

213'897.00

Impôts anticipés

1'269.70

Actifs transitoires

479.15

Passifs

Passifs transitoires

44'544.60

Fonds A. Bachelin

16'898.00

Fonds A. Borel

10'000.00

Fonds Jaquet-Droz

10'570.00

Fonds F. Kunz

10'445.00

Fonds des publications

109'773.75

Réserve Château

69'938.10

Réserve concerts

0.00

Réserve restauration

15'496.80

Réserve expositions

0.00

Réserve Musée

11'518.75

Réserve colloques

5'790.00

Capital

32'705.70

337'680.70

337'680.70

 

Compte de pertes et profits au 31 décembre 1999

Charges

Budget

Animations

2'408.45

3'500.00

Colloques

1'489.65

5'000.00

Fête d'été, ass. Générale

3'200.50

1'500.00

Cotisations

90.00

500.00

Administration, imprimés

2'000.00

7'000.00

Compl. salaire conservatrice

2'250.00

2'250.00

Recherche conservatrice

1'519.20

Affranchissements, taxes, frais

3'923.95

3'700.00

Divers

352.00

550.00

Publications

25'000.00

Budget

Profits

Vente publications

20'000.00

Prélèvement fonds publications

5'000.00

Cotisations

23'000.00

16'290.00

Cotisations couples

4'320.00

Dons

1'200.00

Produits actifs

1'000.00

Réserve Château

1'040.20

Bénéfice 1999 en augmentation du capital

3'536.05

21'810.00

21'810.00

 

Budget 2000

Dépenses

Fr.

Fr.

Publications

25'000.00

Animations

3'500.00

Colloques

0.00

Cotisations

100.00

Imprimés, frais administratifs

3'500.00

Affranchissements, taxes

4'900.00

Assemblée générale

3'500.00

Frais divers

550.00

Compl. salaire conservatrice

3'500.00

Subvention Fds des publications

1'950.00

Subvention Château

(répartition selon statuts, art.19)

Recettes

Vente publications

20'000.00

Prélèvement Fds des publications

5'000.00

Cotisations

20'500.00

Intérêts

1'000.00

46'500.00

46'500.00

Cotisations et budget. Les cotisations sont maintenues inchangées et le budget accepté à l'unanimité, après qu'il ait été précisé à M. Willy Haag que le poste " cotisation " concerne l'affiliation de notre société à la Société Générale Suisse d'Histoire et à sa revue.

Vérificateurs des comptes. Les deux vérificateurs acceptent de renouveler leur mandat et en sont remerciés.

Composition du comité ; départ de Mme Jacqueline Rossier et accueil de Mme Françoise Bonnet Borel. La présidente mentionne tout d'abord que le comité a travaillé cette année sans la participation de Mme Estelle Fallet, secrétaire aux verbaux, et de M. Derck Engelberts, vice-président, tous deux en congé. Mme Caroline Neeser a fonctionné comme vice-présidente et a été nommée a cette fonction suite à la remise de son mandat par M. Engelberts. Pour l'année en cours et 2001, M. Nicolas Guillaume Gentil sera en congé, en raison de fouilles archéologiques en Amérique latine.

La présidente s'adresse ensuite à Mme Jacqueline Rossier, dressant un bilan extrêmement positif de son travail à la tête du Château et Musée de Valangin. Après 11 ans d'activité, Mme Rossier nous quitte telle que nous l'avons toujours connue, " pleine d'idées, dynamique, énergique, efficace, audacieuse ". La présidente rappelle l'immense travail accompli et les réussites les plus marquantes : affermir ce que son prédécesseur M. Evard avait développé en créant le cellier réservé aux expositions temporaires ; organiser un centième anniversaire du Musée que L'affaire Rocher a fait entrer dans la mémoire collective et, surtout, convaincre les autorités de la nécessité de réaliser une structure adéquate pour la conservation des nombreuses collections (mobilier, objets quotidiens, tableaux, gravures, armes et surtout textiles). La présidente évoque également la richesse des animations mises sur pieds : plus de 30 expositions, les conférences, concerts, contes, démonstrations de dentellières, etc. Toutes ces activités n'auraient pu être réalisées sans le concours de l'équipe de bénévoles ni sans un travail considérable de recherche de fonds, travail plus ingrat mais nécessaire, accompli avec constance par Mme Rossier. Durant ces 11 années, le comité a pu bénéficier du sérieux de l'accomplissement autonome de son travail, de son dévouement au Château, de son humeur positive, de sa " ferme douceur et de son amitié fidèle ".

Après cet hommage appuyé à Mme Rossier, la présidente passe à la présentation de la nouvelle conservatrice. Mme Françoise Bonnet Borel, après des études d'histoire et d'archéologie à l'Université de Lausanne, a travaillé comme archéologue en Suisse, en Israël et en Egypte. Formée en muséologie, elle a été conservatrice du musée du Vieux-Vevey pendant 7 ans. Elle est l'auteur de nombreuses publications, en particulier sur la verrerie et sur l'archéologie copte, mais également sur des sujets plus ‹ grand public › tels que Charlie Chaplin ou la Riviera vaudoise. Mme Bonnet Borel, entrée en fonction le 1er avril, est d'ores et déjà bien intégrée dans le comité. Persuadés que Mme Bonnet Borel trouvera à Valangin de quoi satisfaire son caractère entreprenant et indépendant, la présidente et le comité lui souhaitent beaucoup de satisfaction dans son travail.

Le comité est ainsi composé de : Myriam Perriard-Volorio, présidente ; Caroline Neeser, vice-présidente ; Graziella Lesch, trésorière ; Françoise Bonnet Borel, conservatrice du Musée de Valangin ; Estelle Fallet, secrétaire aux verbaux ; Yves Froidevaux, responsable des publications ; Dominique Quadroni, responsable des colloques ; Marie-Jeanne Cernuschi, responsable des prix Bachelin et Kunz. Membres : Jacques Bujard, Pierre-Yves Châtelain, Thierry Christ, Derck Engelberts, Nicolas Guillaume-Gentil, Marc-Antoine Kaeser, Silvia Robert, Jacqueline Rossier (jusqu'en décembre 2000).

Réception des nouveaux membres : Les 27 nouveaux membres sont accueillis par les applaudissements de l'assemblée : Administration communale de Couvet, Mme Marie-Claire Baer, Mme Françoise Bonnet Borel, M. et Mme Gérard et Christiane Bourquin, Mme Chloé Brocard, M. Ernest Buttikofer, M. Alain Daulte, M. Dominic Dell'Acqua, Mme Mary-Claude Dessaules, Mme Marie-Paule Droz, M. Pierre Hirschy, Mme Patricia Jeanneret, M. Pierre Lardy, M. et Mme Jacques et Arlette Lesquereux, M. et Mme René Maillardet, M. Renaud de Montmollin, M. Pierre Nemitz, M. Maurice Rosat, Mme Lotti Rouel, M. Michel Schär, M. Richard Schopfer, Mme Gaëlle Serquet, Mme Mireille Stauffer, M. Ernest Weibel.

Membres vétérans. Entrant dans leur 51ème année de présence au sein de la SHAN, Mlle Rose-Marie Girard, déjà membre d'honneur suite à son travail bénévole pour le Musée de Valangin, M. Georges Montandon et M. Willy Sieber sont également applaudis.


Attribution du Prix Bachelin de littérature 2000.
Avant de passer à l'attribution du prix Bachelin, Mme Marie-Jeanne Cernuschi rappelle que le prix Kunz sera attribué lors d'une soirée publique le 16 novembre 2000.
Le jury du prix Bachelin 2000 était composé de Mmes Dominique Golet, Sandrine Zaslawsky, Sylvia Robert et de MM. Nicolas Couchepin, Thierry Christ, Daniel Ziegler, sous la présidence de Marie-Jeanne Cernuschi. Ayant examiné les oeuvres de 5 auteurs, le jury a retenu une lauréate en la personne de Hélène Bezençon.

La présidente cède la parole à Nicolas Couchepin (prix Bachelin 1997) :
" Le dernier prix Bachelin de littérature avait été attribué comme un prix d'encouragement, puisqu'il m'a été décerné pour un premier roman. Il couronne cette année une écrivaine expérimentée, confirmant ainsi un talent qui fait feu de tout bois. Hélène Bezençon, en effet, est à l'aise dans des genres aussi divers que l'écriture théâtrale, le roman, la nouvelle ou l'essai. Ses écrits sont autant de jalons dans une existence vouée certes à l'écriture, mais aussi à un engagement politique et social de tous les instants.
J'emploie l'expression " un talent qui fait feu de tout bois " à dessein. En préparant cet éloge en effet, j'ai voulu me faire une idée de la manière dont Hélène Bezençon écrivait, et je lui ai demandé de me confier quelle image lui venait à l'esprit lorsqu'elle pensait écriture : je m'attendais peut-être à ce qu'elle parle de l'accouchement de la création, des douleurs de l'enfantement lorsqu'il s'agit de coucher des mots sur le papier. Je lui en ai même finement suggéré l'idée, ce qui l'a fait rire ; et elle m'a dit que les livres n'ont pas la tête ronde, les livres sont des objets anguleux ; écrire des livres, cela brûle plus que ça ne déchire, et cela n'a rien du tout à voir avec un accouchement ; elle m'a affirmé que pour elle, écrire s'apparentait plutôt au feu, aux volcans et à la foudre.
L'image est en effet limpide. Rien de doux, rien d'édulcoré dans l'écriture de Hélène Bezençon : pour prendre une autre idée toute faite, l'écriture de Hélène Bezençon s'apparenterait au feu, certes, sous la glace ; au volcan, sous l'océan ; à la foudre un matin d'hiver tranquille.
Son style sobre à l'extrême évoque tous les contrastes, avec ses mots qui suggèrent tellement plus qu'il ne disent, ses phrases lapidaires, minimalistes, l'absence remarquable de langueur et de sentimentalité de son style. A mon sens, Hélène Bezençon ne cherche jamais à créer l'émotion pour elle-même, mais bien plutôt à offrir une palette assez large pour que chacun y trouve son dû, la couleur de son choix, la brûlure qui lui plaît. Tout cela concourt à ce que le lecteur, lorsqu'il referme le livre, le texte théâtral ou l'essai, soit rempli du sentiment curieux d'en avoir plus appris que ce qu'il a réellement lu, tout en ignorant encore qui lui a soufflé ses idées…
Hélène Bezençon est une enfant de la région. Elle a fait ses écoles à la Chaux-de-Fonds, et n'a quitté cette ville qu'elle aime que pour mieux la retrouver, mieux l'imaginer, mieux la décrire. Elle vit à Berlin, et elle écrit parfois sa ville et son pays, de loin, comme les écrivains savent le faire, eux qui ne parlent jamais aussi fort, aussi critiques, aussi acérés et amoureux du pays qui les hante que lorsqu'il leur manque enfin. Et revoilà le feu, il crépite des mots d'amour et de rejet, de plainte, de désir d'être de quelque part, de là, de nulle part ailleurs, malgré les désaccords, les chagrins et les rancœurs, toutes choses inévitables dans les passions qui durent.
Hélène Bezençon est une écrivaine politiquement engagée. Parfois douce-amère, à la façon d'une grande sœur, comme dans le texte
Dessine-moi les années 90, qui parle de la Chaux-de-Fonds au long du 20ème siècle, et ses différents avatars plus ou moins bienvenus ; parfois révoltée, comme dans le texte Marge ou crève, publié dans Ecriture l'an passé, qui dit ses colères de femme et d'écrivaine face à la mondialisation de l'indifférence et au nivellement des identités, Hélène Bezençon distribue feu et glace, toujours, dans chacune de ses phrases.
Le jury a attribué le prix Bachelin à une enfant du pays, et au texte d'une écrivaine engagée.
Arrête de rêver, l'étrangère a nécessité d'importantes recherches historiques.
C' est un texte théâtral qui parle de la guerre : cette fameuse 2ème guerre dont on a beaucoup débattu ces dernières années, découvrant avec surprise combien nous autres neutres ne l'étions qu'en paroles, et non pas en pensées.
C'est un texte qui se veut mémoire politique, et il est malheureusement extrêmement actuel puisqu'il parle de la montée de l'extrême droite, un thème qu'on ne peut traiter comme une simple tranche d'histoire parce que la xénophobie, le racisme et les slogans populistes renaissent toujours et encore de leurs cendres. Nous en avons de trop nombreux exemples chaque jour.
C'est donc une fois encore le moment où jamais d'aborder ce thème, et il est heureux que la société d'histoire couronne un texte et une écrivaine qui nous prête sa voix pour le faire : c'est juste le moment de rafraîchir nos mémoires, quand on croit que l'on va peut-être oublier ; juste le moment de nous rappeler qu'on ne peut se sentir tranquille simplement parce qu'on a fait notre mea culpa ; juste le moment de dénoncer la crédulité de ceux qui disent " plus jamais cela " tout en faisant des sourires aux leaders populistes et en leur donnant la parole dans les médias comme on joue à crier au loup : il est vrai que dans notre monde où le zapping est roi, les opinions fastfood sont à la fête. Raison de plus pour les dénoncer.
Le texte de Hélène Bezençon s'intitule
Arrête de rêver, l'étrangère. L'étrangère, c'est Anne-Marie Schwarzenbach, qui, dans sa courte existence, s'est trouvée en marge d'une famille de la grande bourgeoisie zurichoise dont elle ne partageait pas les idées politiques et traditionalistes ; en marge de la vie confortable et mondaine qui lui était normalement promise ; en marge encore de ses amis, puisqu'elle n'était réfugiée que de sa propre vie, non pas, comme eux, des excès du régime fasciste ; en marge toujours de ses amours et de ses tendresses puisque sa propre mère l'a si peu comprise, et si mal aimée qu'elle a passé presque toute sa vie à se chercher elle-même, dans ses errances et ses révoltes ; en marge enfin de ses convictions politiques même, puisque sa recherche personnelle a souvent pris le pas sur son combat militant.
Et ainsi, en marge du manifeste, en interligne de l'urgence, en filigrane à la dénonciation nécessaire des dérives xénophobes, Hélène Bezençon nous dresse le portrait superbe et tragique d'une femme brûlée, déchirée aux angles de son époque ; une femme qui a cherché sa vie durant dans quelles errances elle trouverait son dû, non pas le bonheur, certes, mais cette sorte de douceur que l'on a dès l'enfance lorsque notre mère nous aime ; une femme dont la destinée personnelle est le reflet de celle des millions de gens de son époque qui se sont trouvés jetés dans la mêlée sans avoir rien demandé.
C'est avec plaisir que la société d'histoire décerne aujourd'hui son prix littéraire à Hélène Bezençon, écrivaine à l'écriture de feu disant des mots glacés pour le plaisir des mots, parfois, et, toujours, pour que personne n'oublie."

Hélène Bezençon remercie chaleureusement Nicolas Couchepin, la SHAN et le DIPAC, ce dernier contribuant à une partie du prix. La lauréate souligne deux raisons particulières à son plaisir : être honorée ici, d'où elle vient, pour un texte écrit ailleurs, pour un texte écrit à Berlin sur Anne-Marie Schwarzenbach, écrivaine suisse méconnue ; être honorée, aussi, par une société d'histoire pour une pièce de théâtre, confrontation à l'histoire de la 2ème guerre mondiale.
Hélène Besençon évoque le travail de mémoire des années 1990, dans une Allemagne et un Berlin métamorphosés ; en Suisse, où certains s'accrochent à l'illusion d'un " Sonderfall ", elle appelle à une réflexion qui sache prendre le recul nécessaire ; le recul de l'histoire et celui de la littérature.


Divers. Avant de passer au point suivant de l'ordre du jour, deux personnes de l'assemblée demandent la parole. M. Jean Courvoisier, comme membre vétéran, tient à remercier la présidente, le comité et surtout la conservatrice, qualifiant " la cuvée Rossier " d'excellente ! Il pense par ailleurs qu'il ne faut pas trop s'effrayer " si la mode n'atteint plus de ses flots le château de Valangin ". Mme Doller Sandoz, membre depuis 40 ans et vivant au bord du Léman, demande qu'il soit dressé une liste de présence aux assemblées générales. La présidente prend note puis donne la parole à Mme Bonnet Borel.

La nouvelle conservatrice remercie publiquement le comité pour sa nomination. Elle a rencontré au château une équipe de travail exceptionnelle ; l'accueil est très encourageant. Mme Bonnet Borel invite Mme Véronique Pellaton, professeur au conservatoire, à prendre place au clavier de l'imposant piano à queue de la salle des chevaliers.

Après cet intermède musical (2 études de F. Chopin, opus 25), la nouvelle conservatrice, enthousiaste, rappelle à l'assemblée que les 10 années de " Musique au château " ont été rendues possibles par le dépôt du piano suite à un décès. Incontestablement, cet instrument exceptionnel a su trouver sa place au Château mais il est maintenant mis en vente par ses propriétaires. Afin d'assurer la continuation des animations musicales, le comité propose de racheter cet instrument, offert pour la SHAN à un prix avantageux de Fr. 18'000.-. Afin de réunir cette somme, un appel sera lancé aux membres de la société, les sponsors étant déjà très sollicités pour les autres activités. Un premier bilan de la récolte de don sera fait cet automne afin de prendre une décision définitive. L'assemblée, convaincue par la sonorité profonde de l'instrument dans une salle à l'atmosphère privilégiée, se montre très positive et optimiste quant à la réussite de l'opération " Un piano pour le Château ".

L'assemblée générale étant close, il revient à Christophe Stawarz, prix Fritz Kunz 1999, de terminer la matinée par une conférence présentant son mémoire de licence : La paix à l'épreuve. Le pacifisme à La Chaux-de-Fonds de la fin du XIXe siècle à la veille de la Première Guerre mondiale. (voir la Chronique dans RHN 2000/1-2).

Yves Froidevaux

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