RHN 2000, 4 : Philippe Henry, L'histoire neuchâteloise dans les mémoires de licence ès Lettres
(Université de Neuchâtel) de 1995 à 2000

Introduction

XVIe et XVIIe siècles

  • Mélisane BILLE, La conception du salut de l'âme dans les testaments neuchâtelois catholiques et protestants aux XVIe et XVIIe siècles, 1999, 97 p. (82 p. de texte et 15 p. d'annexes).
  • Cyrille MOINE, Le Locle dans la première moitié du XVIe siècle, aperçus historiques, démographiques et géographiques, 1998, 135 p. (60 p. de texte et 75 p. d'annexes).
  • Daniela SCHNEGG-ALBISETTI, Criminalité et répression dans le Pays de Neuchâtel au XVIIe siècle, 1999, 199 p. (154 p. de texte et 44 p. d'annexes).
  • XVIIIe siècle

  • Raphaël BÉGUELIN, Le regard des autres. Les Montagnes neuchâteloises d'après les relations de voyages (1750-1820), 2000, 249 p. (146 p. de texte et 103 p. d'annexes).
  • Sandra LENA, La mort dans les testaments notariés neuchâtelois (1760-1806), 1997, 94 p. (77 p. de texte et 17 d'annexes).
  • Jean-Philippe RUTZ, Les mines et la métallurgie dans la Principauté de Neuchâtel au XVIIIe siècle, 1997, 161 p. (131 p. de texte et 30 p. d'annexes).
  • Marie KNOEPFLER, Des livres français en Pologne au XVIIIe siècle : la Société typographique de Neuchâtel et ses clients polonais (1772-1789), 1999, 174 p. (117 p. de textes et 57 p. d'annexes).
  • XIXe siècle

  • Corinne DORET, 1831: naissance de la presse d'opposition à Neuchâtel, 2000, 124 p. (103 p. de texte et 19 p. d'annexes).
  • Patrick TURUVANI, 1831-1835. La presse d'opposition neuchâteloise, ou l'expression d'un mécontentement populaire, 1998, 158 p.
  • Laurent SESTER, La question de la presse à Neuchâtel 1831-1848. Enjeux politiques et idéologiques, 1999, 157 p. (125 p. de texte et 32 p. d'annexes).
  • David BERGER, Dans la ligne de mire: pouvoir et société de tir dans la principauté de Neuchâtel (1831-1848), 1998, 138 pages (122 p. de texte et 16 p. d'annexes).
  • Bertrand KUNZI, Les institutions républicaines neuchâteloises au lendemain de 1848, rupture ou continuité de l'Ancien Régime ?, 1997, 128 p. (100 p. de texte et 28 p. d'annexes).
  • Valérie SIEGENTHALER, Transformation de la place de l'Eglise dans la société neuchâteloise de 1848 à 1873, une perspective donnée par la presse, 1997, 127 p. (93 p. de texte et 34 p. d'annexes).
  • Séverine HUTIN, Mythes et tabous de l'histoire suisse et cantonale au travers de cinq Festspiele romands (1896-1914), 1996, 165 p.
  • Dominique LOVIS, Cinquantenaire, Centenaire, Cent-cinquantenaire de la naissance de la République neuchâteloise. Essai d'interprétation des commémorations de 1898, 1948 et 1998, 1999, 185 p. (122 p. de texte et 63 p. d'annexes).
  • Marie-Laure WEBER, L'élaboration et les débuts de l'application du code pénal neuchâtelois de 1855. Législation de transition entre la justice d'Ancien Régime et une justice moderne, 1999, 143 p. (99 p. de texte et 44 p. d'annexes).
  • Pierre-Yves SANDOZ, Le pénitencier du Saarberg [Neuchâtel]: une maison carcérale inscrite dans le mouvement européen de modernisation de la justice pénale et de l'amélioration des conditions d'incarcération (1848-1909), 1998, 169 p. (138 p. de texte et 31 p. d'annexes).
  • Cédric FISCHER, De la retraite hygiéniste au traitement ambulatoire : histoire de l'évolution des conceptions psychiatriques et leur influence sur l'Hospice cantonal de Perreux-Neuchâtel, de 1897 à 1961, 1997, 77 p.
  • Sylvie GUINAND, L'orphelinat cantonal de Neuchâtel, Fondation Borel [Dombresson]. Evolution de l'assistance à l'enfance aux XIXe et XXe siècles, 1999, 120 p. (95 p. de texte et 25 p. d'annexes).
  • Pierre-Yves GERBER, Morale, laïcisation et pédagogie. Regards sur la mise en place de la formation pédagogique des enseignants à Neuchâtel au XIXe siècle (1829-1889), 2000, 105 p. 85 p. de texte et 20 p. d'annexes).
  • Christian SESTER, La valeur du temps. Les discours sur l'emploi du temps ouvrier dans la seconde moitié du XIXe siècle: l'exemple et l'application de la loi des fabriques et de la conquête du dimanche dans le canton de Neuchâtel, 1997, 124 p. (84 p. de texte et 40 p. d'annexes)
  • Laurent FEUZ, Un aspect de l'idéologie hygiéniste en ville de Neuchâtel: l'évacuation des eaux usées. 1834-1885, 2000, 132 p. (116 p. de texte et 16 p. d'annexes).
  • Laurence WIEDMER, La pratique du testament olographe dans le canton de Neuchâtel: attitudes face à la mort, sentiments religieux et sensibilités familiales (1850-1904), 1995, 142 p. (115 p. de texte et 27 p. d'annexes).
  • Olivier RYCHNER, Quand Geelong prenait de la bouteille: vignerons suisses et neuchâtelois dans la colonie de Victoria (Australie) [seconde moitié du XIXe siècle], 1998, 144 p. (89 p. de texte et 55 p. d'annexes).
  • XIXe-XXe siècles

  • Christophe STAWARZ, La paix à l'épreuve. Le pacifisme à La Chaux-de-Fonds de la fin du XIXe siècle à la veille de la Première Guerre mondiale, 1999, 136 p.
  • Helène PASQUIER, La "chasse à l'hectolitre" de la Brasserie Müller (S.A.). 1885-1953, 2000, 101 p. (70 p. de texte et 31 p. d'annexes).
  • Bastien BUSS, Vie quotidienne militaire et mentalité: les troupes neuchâteloises mobilisées pendant la Première Guerre mondiale, 1999, 133 p. (96 p. de texte et 37 p. d'annexes).
  • Christian JACCARD, Le combat politique pour le droit de vote et d'éligibilité des femmes dans le canton de Neuchâtel, 1996, 243 p. (163 p. de texte et 80 p. d'annexes).
  • Christophe JACCARD, L'Helvetia. Vivre la guerre à la frontière franco-suisse (1939-1945). Entre témoignage oral et source écrite, 2000, 124 p. (109 p. de texte et 15 p. d'annexes).

  • Introduction

    Une nouvelle fois (1), nous présentons très succinctement (2) dans cet article les mémoires de licence soutenus depuis quelques années à l'Institut d'histoire de notre Université et ayant trait à l'histoire neuchâteloise. Ces mémoires sont au nombre de vingt-neuf.

    La croissance du nombre de pages de ces recensions périodiques reflète l'augmentation de celui des étudiants en histoire à l'Université de Neuchâtel. Elle témoigne aussi d'un intérêt constant pour une histoire régionale d'une grande richesse, à travers laquelle il est possible d'aborder, dans une définition localisée et à une échelle maîtrisable, des thèmes et des problématiques d'intérêt général. Une histoire commodément accessible, à travers une documentation abondante conservée dans des dépôts d'archives proches et accueillants avec lesquels l'Institut d'histoire, dans une partie de ses activités d'enseignement et de recherche, travaille en étroite collaboration (principalement avec les Archives de l'Etat de Neuchâtel). Cet accroissement correspond enfin dans une certaine mesure à l'augmentation de la taille des mémoires, rares maintenant à ne pas dépasser la centaine de pages; ce phénomène, qui n'est évidemment pas toujours synonyme de gain de qualité, traduit souvent l'enthousiasme des étudiants pour leur sujet, leur louable souci, également, de dévoiler au lecteur une partie de leurs sources en de volumineuses annexes et pièces justificatives.

    Les travaux concernés sont passés en revue dans l'ordre chronologique du contexte des sujets, par découpage séculaire. Cette manière de faire rend évidente la domination du XIXe siècle dans les choix des étudiants (seize travaux, plus trois s'inscrivant à cheval sur le XIXe et le XXe siècle), alors que le XVIIIe et le XXe siècle se partagent l'essentiel du solde. En dehors des problèmes de difficultés d'utilisation des sources (lacunes, obstacle de l'écriture pour le moyen âge et le début des temps modernes - limites posées à l'accessibilité pour le XXe siècle), cette distribution relève de circonstances dans lesquels interviennent, entre autres, les intérêts des enseignants, l'orientation de leurs cours et séminaires, ou encore le jeu très conjoncturel des commémorations (en particulier 1848-1998). Si dans notre recension de 1995, nous devions déplorer la rareté des travaux portant sur le XXe siècle, cette caractéristique commence à s'estomper dans le présent bilan, et plusieurs mémoires en cours ou en projet, principalement dans le domaine économique (histoire des entreprises), confirmeront bientôt cette évolution.

    Rappelons enfin, que, si ces textes, généralement le fruit d'un gros labeur, ne sont pas de valeur égale, si leurs conclusions ne vont pas toujours également loin, s'il s'agit parfois d'une première étape qui se poursuit par un approfondissement, sous la forme d'une thèse de doctorat par exemple, tous résultent d'une aspiration plus ou moins marquée à l'originalité et à l'innovation, sur le plan du sujet, de la documentation ou de la démarche. A ce titre, ils méritent d'être signalés au public. Quelques-uns des meilleurs d'entre eux (3) ont été ou seront intégralement publiés dans la série des Cahiers de l'Institut d'histoire, créée principalement à cet effet. D'autres ont débouché sur un article dans la présente revue ou dans d'autres publications, ce que nous signalerons au passage (4).

    Il est possible de consulter tous ces mémoires à la bibliothèque de l'Institut d'histoire (bâtiment de la Faculté des Lettres, Espace Louis-Agassiz 1, Neuchâtel).

    *****

    XVIe et XVIIe siècles

    Mélisane BILLE, La conception du salut de l'âme dans les testaments neuchâtelois catholiques et protestants aux XVIe et XVIIe siècles, 1999, 97 p. (82 p. de texte et 15 p. d'annexes).
    Les testaments sont devenus une source classique de l'histoire des mentalités, en particulier sous l'angle des attitudes devant la mort. Mélisane Bille, s'inspirant des travaux de Laurence Wiedmer (XVIIIe siècle) et de Sandra Lena (XIXe siècle), présentés ci-dessous, étudie un ensemble de 384 testaments neuchâtelois datant de 1497 à 1707 (en moyenne deux testaments par année), corpus patiemment rassemblé sur la base des archives notariales. Son intention première est de comparer les attitudes protestantes (85 % des testaments) et les attitudes catholiques (15 %) en matière de salut; c'est pourquoi la zone géographique concernée comprend, outre la ville de Neuchâtel et quatre communes du Littoral, les paroisses restées catholiques du Landeron et de Cressier. L'analyse se veut, dans la mesure du possible, quantitative.
    Les règles testimoniales juridiques et les pratiques neuchâteloises étant précisées, la personnalité sociale des testateurs est examinée, puis - et c'est le cúur du travail - le contenu textuel des actes (formules oratoires, clauses pieuses, legs pieux et profanesÖ) est détaillé, avec le souci de faire ressortir des contrastes en fonction de la confession. Malgré le poids des conventions et des contraintes notariales, il est possible de percevoir, dès la Réforme, aussi bien chez les catholiques que chez les protestants, des discours et des attitudes personnelles, qui révèlent des spécificités confessionnelles et des évolutions diachroniques.

    Cyrille MOINE, Le Locle dans la première moitié du XVIe siècle, aperçus historiques, démographiques et géographiques, 1998, 135 p. (60 p. de texte et 75 p. d'annexes).
    Il s'agit d'une monographie solidement ancrée dans sa documentation, qui repose notamment sur les "reconnaissances" du début du XVIe siècle (soit les actes juridiques par lesquels un individu "reconnaît" tenir un bien-fonds de son seigneur), ainsi que sur des sources comptables. Une partie de ces documents inédits sont reproduits en annexes. L'auteur s'efforce d'abord, avec les grosses difficultés inhérentes à la nature de ses sources, d'estimer le poids démographique du village du Locle, en expansion à cette époque et qui semble avoir atteint ou dépassé le millier d'habitants au début du siècle. Le territoire de la mairie (82 km2, dont la moitié est défrichée) est ensuite décrit, l'aspect des terres, la superficie des exploitations, le nombre et la répartition des parcelles et celle des habitants, révélant un habitat dispersé, seule une minorité des résidents vivant au village. La taille des tenures est très variable. On peut constater que les terres les plus intéressantes de la vallée du Locle sont alors déjà mises en valeur et que la colonisation s'est faite d'abord en direction de l'est, vers les Eplatures et La Chaux-de-Fonds, qui devra son existence à ce mouvement.

    Daniela SCHNEGG-ALBISETTI, Criminalité et répression dans le Pays de Neuchâtel au XVIIe siècle, 1999, 199 p. (154 p. de texte et 44 p. d'annexes).
    Ce gros travail traite d'une manière générale de l'exercice de la justice criminelle neuchâteloise au XVIIe siècle, replacé dans un large contexte historiographique (l'histoire du crime et de la justice est en plein développement depuis une vingtaine d'années) et souvent comparé, quant à Neuchâtel, à ce qui se passe au XVIIIe siècle, mieux connu. Les caractéristiques administratives et juridiques du comté, puis de la principauté, la procédure criminelle en vigueur, les mécanismes et les finalités de la répression, enfin la nature des comportements poursuivis sont analysés, dans un questionnement très serré des sources et dans une saine conscience de leurs limites. Ces sources sont en effet lacunaires et ne permettent pas une reconstitution statistiquement satisfaisante de l'exercice de la justice criminelle au XVIIe siècle - contrairement à ce qu'il en est pour le XVIIIe. L'option du travail, pleinement justifiée, est donc plus qualitative que quantitative.
    Se dégage de cette enquête minutieuse le tableau d'une justice criminelle dont l'organisation et les formes procédurales sont déjà, grosso modo, celles du XVIIIe siècle et de la fin de l'Ancien Régime, celles contre lesquelles s'élèveront les libéraux de 1831 et de 1848. Il en va de même des fins de la répression, vindicative, exemplaire et dissuasive, qui vise d'abord les atteintes aux patrimoines, surtout si elles sont gravement qualifiées, de même que la violence paroxystique, mais aussi la sorcellerie ou les atteintes les plus lourdes à la morale sexuelle et à l'ordre des familles, comportements encore largement criminalisés. En revanche la violence quotidienne, extrêmement répandue, est considérée avec une certaine indulgence, de même que le larcin occasionnel. Le tout fonctionne sur la base d'un arbitraire qui tient compte de la jurisprudence et accorde une large place aux circonstances du crime.
    S'il est possible de tirer de ce riche travail - et d'autres - les caractéristiques d'un couple criminalité-justice typiques d'un Ancien Régime qui comprend au moins les XVIIe et XVIIIe siècles, le XVIIe se démarque toutefois, dans sa première moitié, par l'importance de la chasse aux sorcières.

    XVIIIe siècle

    Raphaël BÉGUELIN, Le regard des autres. Les Montagnes neuchâteloises d'après les relations de voyages (1750-1820), 2000, 249 p. (146 p. de texte et 103 p. d'annexes).
    L'auteur s'est intéressé à l'image des Montagnes neuchâteloises (centrées sur La Chaux-de-Fonds, Le Locle et Les Brenets) dans les récits et guides de voyages parus en Europe de 1750 à 1820, c'est-à-dire à une époque où le voyage "pré-touristique" et sa relation connaissent un développement considérable et où le haut-pays neuchâtelois s'inscrit momentanément en bonne place dans les itinéraires-types du voyage en Suisse. L'accent est mis sur la nature du regard porté par les voyageurs sur cette région, plus que sur la réalité historique régionale sous-jacente, de sorte que le mémoire relève surtout de l'histoire des mentalités.
    Après une mise en perspective des pratiques et de l'écriture du voyage à Neuchâtel dans un cadre européen et suisse, la documentation - une collection aussi complète que possible de toutes les mentions des Montagnes dans les imprimés recensés - est soumise à un double traitement. Une lecture "thématique" tout d'abord, visant à dégager les centres des intérêts manifestés par les voyageurs, leurs curiosités, leurs étonnements, de même que les cheminements privilégiés et le conditionnement matériel du voyage. On retrouve dans le cas neuchâtelois l'attirance plus générale des récits du XVIIIe siècle des Lumières pour la science, la technique et l'économie. Suit une lecture dite "chronologique", cherchant à déterminer les parentés intertextuelles (proximités, emprunts ouverts ou cachés, pillages).
    S'appuyant sur les méthodes classiques de la critique historique, mais aussi sur celles de la critique littéraire, puisque le genre "récit de voyage" est actuellement l'objet d'analyses multiples, ce riche travail, qui ne se veut pas définitif, ouvre la porte à de nombreux prolongements.

    Sandra LENA, La mort dans les testaments notariés neuchâtelois (1760-1806), 1997, 94 p. (77 p. de texte et 17 d'annexes).
    Sur les mêmes fondements intellectuels que Mélisane Bille (supra), Sandra Lena, qui l'a précédée, porte son regard sur des textes datant d'une phase de bouleversements - économiques, sociaux, mentaux - de l'histoire neuchâteloise, pour y déceler les éléments d'une évolution des sentiments religieux. Le recours à la quantification est fréquent, mais n'écrase pas l'approche qualitative dans une analyse textuelle rigoureuse et subtile. L'échantillon utilisé est fait de 209 testaments recueillis dans les registres de 22 notaires couvrant 17 juridictions (sur 22), avec une forte présence de la mairie de Neuchâtel. Cette large répartition offre prise à une comparaison entre le "haut" et le "bas" (néanmoins surreprésenté) du pays de Neuchâtel.
    La contextualisation juridique du geste testamentaire, la présentation formelle des actes et l'étude des testateurs précèdent une analyse très fouillée des textes, découpée en trois tranches chronologiques de quinze années. En découle le constat d'un progressif éloignement du caractère essentiellement religieux, ou tout au moins pieux, des premiers testaments, au profit d'une prise en compte de préoccupations profanes, tel le souci du patrimoine ou de la destinée des proches. Cette forme de "laïcisation" pourrait traduire un réel détachement de la religion, ou encore une intériorisation renforcée de la foi réformée, dès ses origines déjà peu portée sur l'ostentation.
    Cet élégant mémoire a récemment été présenté dans un article de la Revue historique neuchâteloise (, auquel nous renvoyons pour précisions.

    Jean-Philippe RUTZ, Les mines et la métallurgie dans la Principauté de Neuchâtel au XVIIIe siècle, 1997, 161 p. (131 p. de texte et 30 p. d'annexes).
    Il s'agit d'une analyse de la place de l'activité minière et métallurgique dans le développement économique neuchâtelois au XVIIIe siècle, sujet rarement abordé de manière globale et systématique. Cette place est certes secondaire, mais l'étude de cette modicité permet précisément à l'auteur de mettre le doigt sur des éléments essentiels de la vie économique séculaire et de son conditionnement. Il utilise principalement les sources officielles, émanant notamment du Conseil d'Etat, ainsi que des fonds privés; cette documentation en dit peu sur les acteurs, entrepreneurs ou ouvriers, et livre peu de données chiffrées.
    Outre une pauvreté naturelle relative du sous-sol, plusieurs facteurs contribuent à expliquer la stagnation d'un secteur qui finalement en reste à un niveau d'exploitation de nature plus artisanale qu'industrielle et ne s'éloigne pas véritablement de ses racines médiévales. Tout d'abord une "politique minière" du Conseil d'Etat inconsistante, en dépit des impulsions prussiennes de la seconde moitié du siècle (efforts de prospection); puis une carence de compétences scientifiques, techniques ou gestionnaires qui caractérise des entrepreneurs peinant par ailleurs à trouver un financement sûr à leurs projets; un manque de compréhension et d'intérêt de l'ensemble de la population pour le secteur, ce qui apparaît bien dans les difficultés que rencontrent les exploitants dans leurs rapports avec les communautés villageoises ou urbaines et révèle une attitude "anti-industrialiste" très répandue, une méfiance et une hostilité à l'égard de la mise en valeur du sous-sol. L'auteur insiste aussi à juste titre sur l'obstacle constitué par la pénurie de bois, matériau indispensable en grande quantité à l'activité métallurgique.

    Marie KNOEPFLER, Des livres français en Pologne au XVIIIe siècle : la Société typographique de Neuchâtel et ses clients polonais (1772-1789), 1999, 174 p. (117 p. de textes et 57 p. d'annexes).
    Ce travail, basé sur les richissimes archives conservées à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, analyse les processus de diffusion du livre français en Pologne par l'étude des commandes que deux libraires de Varsovie passent à la Société typographique de Neuchâtel d'ouvrages produits par la STN elle-même (notamment les contrefaçons), ou simplement distribués par elle. Il s'agit aussi de l'étude du mode de réception de ces ouvrages par les milieux concernés de la société polonaise, phénomène découlant de l'état de développement social et culturel de la Pologne et conditionné par les données géographiques, commerciales, voire politiques qui président aux relations entre les deux zones concernées.
    La période choisie va des débuts de la STN (fondée en 1769; la première trace d'une commande polonaise date de 1772) à la cessation de ses relations commerciales en 1789. L'envoi effectif de 385 titres, correspondant à un total de 3414 volumes, a été découvert. Un important et délicat travail d'identification bibliographique de ces titres a dû être fait (résultat livré dans une volumineuse et méticuleuse annexe). L'auteur de ce mémoire très solidement construit et documenté conclut à la double représentativité de ce corpus : représentativité de l'ensemble de la production contemporaine d'ouvrages français - représentativité de la nature de la demande (évidemment très élitaire) de livres français en Pologne.

    XIXe siècle

    Plusieurs mémoires, en rapports avec des séminaires ou des recherches menées dans le cadre de l'Institut d'histoire, se sont intéressés à la Révolution neuchâteloise de 1848, à ses origines et à ses conséquences :

    Corinne DORET, 1831: naissance de la presse d'opposition à Neuchâtel, 2000, 124 p. (103 p. de texte et 19 p. d'annexes) (6).
    Patrick TURUVANI, 1831-1835. La presse d'opposition neuchâteloise, ou l'expression d'un mécontentement populaire, 1998, 158 p.
    Ces deux travaux sont proches. Corinne Doret met l'accent sur la seule année 1831, qui voit l'éclosion d'une presse politique éphémère, jusque là inexistante dans la principauté-canton de Neuchâtel. Elle commence par une présentation des trois périodiques concernés (Revue neuchâteloise, Messager neuchâtelois, Journal de Neuchâtel), des équipes de rédacteurs, du contenu rédactionnel des publications, dont l'orientation idéologique est rapidement saisie à travers leurs commentaires des nombreux événements politiques de 1831. Puis elle se penche sur la loi sur la presse de 1831 et les problèmes liés à son application initiale (1831), qui montrent à quel point les journaux d'opposition sont perçus comme un danger par les autorités.
    Patrick Turuvani, de façon plus globale et en s'appuyant sur une multitude de citations, fait l'analyse détaillée, formelle et fondamentale, du seul contenu d'une partie de la presse d'opposition étudiée dans le travail précédent ainsi que de quelques pamphlets et journaux neuchâtelois qui se publient en dehors de la principauté dans les années suivantes; ce sont là ses sources uniques. Il entend démontrer que la triple mission qu'a remplie cette presse - informer, éclairer, convaincre - a été essentielle, à terme, dans l'éclatement et le succès de la Révolution de 1848.

    Laurent SESTER, La question de la presse à Neuchâtel 1831-1848. Enjeux politiques et idéologiques, 1999, 157 p. (125 p. de texte et 32 p. d'annexes) (7).
    Le propos de l'auteur est large: au-delà d'une analyse des contenus et des idéologies, il entend préciser la manière dont la presse, riches d'enjeux de première importance, est perçue ou conçue par les responsables politiques de 1831 à 1848, à Neuchâtel et à Berlin, qu'il s'agisse des journaux d'opposition imprimés dans la principauté ou à l'extérieur, ou, surtout, de la presse conservatrice-gouvernementale (Le Constitutionnel neuchâtelois). Le pouvoir bénéficiant dès 1831 d'une nouvelle loi sur la presse, instrument de sa politique, le travail commence par une étude fine et détaillée de la mise en place et de l'évolution ultérieure de cette loi, déterminée par le contexte de sa naissance. Puis l'accent est mis, en un chapitre très novateur, sur l'utilisation gouvernementale du Constitutionnel, journal soutenu par le Conseil d'Etat - du reste seul journal imprimé dans la principauté depuis 1832 -, ainsi que sur l'attitude du pouvoir face à la presse extra-cantonale.
    Un des mérites de ce travail solide réside dans l'utilisation d'une documentation ample et diversifiée, dépassant largement le domaine journalistique, principalement recueillie aux Archives de l'Etat de Neuchâtel (textes émanant du Conseil d'Etat, correspondance avec la Suisse ou avec Berlin, procès-verbaux du Corps législatifÖ), mais aussi à Berlin (archives du Departement für Neuchâtel); en outre un corpus de plus de cinquante brochures et pamphlets politiques, souvent complètement oubliés, a été patiemment réuni et fait l'objet d'une analyse substantielle, très neuve.
    Au bilan, le constat de l'acuité de la perception par le gouvernement du danger que représente une presse libre, danger que la loi de 1831 veut prévenir ou limiter; les autorités prennent par ailleurs très au sérieux les attaques de la presse extra-cantonale qu'elles s'efforcent de combattre en intervenant auprès des gouvernements des cantons concernés. Mais tout cela est vain, et rien n'empêche la circulation des écrits importés; de cette impuissance lourde de conséquences, les responsables politiques sans illusions semblent avoir eu pleine conscience dès la mise en place de la loi de 1831.

    David BERGER, Dans la ligne de mire: pouvoir et société de tir dans la principauté de Neuchâtel (1831-1848), 1998, 138 pages (122 p. de texte et 16 p. d'annexes) (8).
    David Berger s'est intéressé au rôle, dans le mouvement républicain de 1831 à 1848, des sociétés de tir, et plus particulièrement de celle, très populaire, des Armes-Réunies, à La Chaux-de-Fonds (créée en 1820, dissoute par le gouvernement entre 1840 et 1845). On sait que de nombreux leaders radicaux étaient membres de certaines ces sociétés très politisées - Fritz Courvoisier le premier - et qu'elles ont aidé à la formulation et à la diffusion d'une contestation politique qui se nourrissait notamment des contact établis par les tireurs neuchâtelois avec ceux d'autres cantons à l'occasion des tirs fédéraux. Il ne faut toutefois pas oublier que d'autres sociétés de ce type, soutenues par le Conseil d'Etat, étaient de tendance conservatrice.
    Le travail examine la nature des relations entre le pouvoir et les tireurs, avec une attention toute spéciale portée à la participation controversée et problématique - aux yeux du pouvoir - de ces derniers aux tirs fédéraux, thème auquel une large partie du travail est consacrée. La démarche passe par un historique fouillé de la société des Armes-Réunies, dont les archives sont mises à contribution, de son intégration dans des réseaux, notamment de sociétés similaires.
    L'auteur attribue aux Armes-Réunies une place centrale dans le dispositif de circulation des idées nouvelles dans le haut du pays de Neuchâtel. Il insiste également sur l'importance de la présence de Neuchâtelois aux tirs fédéraux comme représentants du républicanisme local, dans la formation d'une perception nationale négative de la principauté. Il relève enfin la bonne corrélation qui existe entre l'évolution du climat politique et l'attitude du gouvernement face aux tireurs.

    Bertrand KUNZI, Les institutions républicaines neuchâteloises au lendemain de 1848, rupture ou continuité de l'Ancien Régime ?, 1997, 128 p. (100 p. de texte et 28 p. d'annexes) (9).
    A travers la description de la mise en place provisoire puis définitive des principales institutions cantonales républicaines en 1848, Bertrand Kunzi, se fondant essentiellement sur des sources législatives et administratives, s'interroge sur la nature profonde du changement. Il veut montrer que les structures de la République empruntent beaucoup à l'Ancien Régime et que leur instauration ne se résume pas à une révolution, mais consiste en un processus de transition complexe, progressif et lent, qui remonte au moins à 1831, voire à 1814; la continuité l'emporte sur la rupture. La véritable transformation, d'ordre idéologique, réside dans le triomphe d'une nouvelle conception de la société et de l'Etat, des compétences de ce dernier, de ses rapports avec les citoyens. Mais cette victoire n'entraîne pas, malgré certaines apparences, la destruction brutale d'un mode de vie collective dépassé.

    Valérie SIEGENTHALER, Transformation de la place de l'Eglise dans la société neuchâteloise de 1848 à 1873, une perspective donnée par la presse, 1997, 127 p. (93 p. de texte et 34 p. d'annexes) (10).
    Autour des concepts-clés de laïcisation (séparation institutionnelle de l'Eglise et de l'Etat) et de sécularisation (phénomène culturel), l'auteur de ce mémoire examine, à travers une étude de la presse neuchâteloise, systématiquement dépouillée, la perception des transformations du rôle social et politique de l'Eglise dues aux mutations institutionnelles post-révolutionnaires. Après une mise en contexte (situation ecclésiastique, aspects juridiques de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, organisation scolaire), le poids est mis sur l'analyse des réactions contrastées des journaux face au changement de statut des pasteurs, à la réforme de l'école - enjeu d'un débat essentiel -, à la restructuration interne de l'Eglise et à la séparation Eglise-Etat, enfin à la dogmatique. Deux schémas de pensée, deux conceptions de la société, celles de la presse radicale, rationaliste et progressiste, et celle de la presse conservatrice, nostalgique et inquiète, apparaissent dans des débats très nourris.

    Deux travaux se sont penchés sur le phénomène des commémorations politiques, en rapport avec 1848 :

    Séverine HUTIN, Mythes et tabous de l'histoire suisse et cantonale au travers de cinq Festspiele romands (1896-1914), 1996, 165 p. (11)
    Dominique LOVIS, Cinquantenaire, Centenaire, Cent-cinquantenaire de la naissance de la République neuchâteloise. Essai d'interprétation des commémorations de 1898, 1948 et 1998, 1999, 185 p. (122 p. de texte et 63 p. d'annexes) (12).
    Si le mémoire de Séverine Hutin s'inscrit dans un cadre romand (Neuchâtel suisse, 1898 (Cinquantenaire de 1848); Le poème alpestre, Genève, 1896 (Exposition nationale); Le Festival vaudois, 1903; Le peuple vaudois, 1903; La fête de juin, Genève, 1914), la place accordée au premier de ces festspiele, dû à la plume de Philippe Godet, y est privilégiée. L'objectif est d'analyser les rapports que ces spectacles populaires de nature commémorative, expressions importantes de la mémoire collective, entretiennent avec l'histoire. Les festpiele, spectacles historiques officiels, le plus souvent commandités par les gouvernements cantonaux, commencent à se multiplier en Suisse dès 1886 (commémoration de la bataille de Sempach); ils seront nombreux jusqu'en 1914; la période correspond à un temps fort de la construction identitaire nationale. Leur mise en scène du passé se fait à travers une interprétation, une instrumentalisation déterminée par les circonstances de leur production; c'est la nature de cette détermination qui intéresse l'auteur.
    L'analyse très approfondie des úuvres, incluant la confrontation avec la réalité historique connue, l'étude de la personnalité des auteurs, des circonstances de la mise sur pied des spectacles permet de montrer et d'expliquer les déformations, les manipulations ou les détournements de l'histoire, les messages, les exclusions et les leitmotive qui les caractérisent. La démonstration est particulièrement convaincante dans le cas de Neuchâtel suisse, dont la thèse centrale est le républicanisme viscéral des Neuchâtelois et l'antiquité de leur vocation helvétique. Finalement le message essentiel de toutes ces manifestations voulues et soutenues par le pouvoir politique est univoque: ce sont des plébiscites, par lesquels "le peuple est amené à répondre positivement à la question implicite de l'existence de la Suisse et du désir de poursuivre la vie commune".
    Le mémoire de Dominique Lovis est de la même veine; il ne traite cependant que des commémorations neuchâteloises de 1848, y compris, démarche hardie puisque sans recul, celles de 1998. Mais son approche se veut globale: la description des manifestations est très détaillée; les gestes commémoratifs officiels sont évoqués et font l'objet d'une analyse comparative, tant quant à la forme des festivités que, dans la mesure du possible, sur le plan des intentions profondes. Dans tous les cas cependant, au-delà d'une adaptation formelle au goût de l'époque, voire aux circonstances du moment, le fondement politique consensuel de ces manifestations est immuable: la commémoration est toujours utilisée à des fins politiques; il s'agit bien d'une légitimation du régime ou du pouvoir en place.

    *****
    D'autres aspects de la seconde moitié du XIXe siècle ou du début du XXe siècle, ont été abordés, en particulier sur le thème de la "disciplinarisation" et du contrôle de la société :

    Marie-Laure WEBER, L'élaboration et les débuts de l'application du code pénal neuchâtelois de 1855. Législation de transition entre la justice d'Ancien Régime et une justice moderne, 1999, 143 p. (99 p. de texte et 44 p. d'annexes).
    Le système judiciaire neuchâtelois connaît quelques amorces de réformes entre 1815 et 1848. Mais il faut attendre l'avènement des radicaux pour assister à sa modernisation progressive, via notamment, sur le plan pénal, l'abolition du vieux code criminel de Charles-Quint (la Caroline) et des peines corporelles ainsi que la Loi sur l'organisation judiciaire dès 1848, la Loi sur la répression des contraventions et des délits en 1851, l'institution du jury 1853 (qui ne devient une réalité qu'en 1862), l'abolition de la peine de mort en 1854, jusqu'au Code pénal de 1855, entré en vigueur dès 1862 seulement. Décrivant cette évolution, analysant notamment les délibérations du Grand Conseil au sujet de l'abolition de la peine de mort, le travail met surtout l'accent sur les débats législatifs ayant présidé à la rédaction du Code pénal, insistant sur le conservatisme dont font preuve les législateurs, soucieux de pas trop brusquer la population par un radicalisme réformateur jugé dangereux, d'éviter une "dénationalisation" du code neuchâtelois, finalement plus proche de la jurisprudence locale que du modèle français. Le travail se termine par un survol de l'évolution de la pratique de la justice criminelle entre 1851 et 1870 et une présentation des principaux problèmes posés par l'application du code dès 1862.

    Pierre-Yves SANDOZ, Le pénitencier du Saarberg [Neuchâtel]: une maison carcérale inscrite dans le mouvement européen de modernisation de la justice pénale et de l'amélioration des conditions d'incarcération (1848-1909), 1998, 169 p. (138 p. de texte et 31 p. d'annexes).
    L'histoire du pénitencier du Saarberg (Neuchâtel - 1870-1909) est longuement replacée dans le vaste contexte de l'évolution générale du droit pénal et de l'idéologie carcérale au XIXe siècle. Sur la base des archives de l'institution, l'auteur raconte l'histoire de sa création et présente les différents règlements qui conditionnent son existence, esquissant une statistique sociologique de la population des détenus.

    Cédric FISCHER, De la retraite hygiéniste au traitement ambulatoire : histoire de l'évolution des conceptions psychiatriques et leur influence sur l'Hospice cantonal de Perreux-Neuchâtel, de 1897 à 1961, 1997, 77 p.
    Ce mémoire décrit d'abord les conditions générales dans lesquelles prend naissance l'idée de la création d'un "hospice des incurables" à Perreux, à l'instigation de l'Etat de Neuchâtel. De 1897 à 1930, l'institution tient surtout du lieu de retraite, puis se transforme progressivement en un véritable hôpital psychiatrique, parallèlement à l'évolution des thérapies. Les liens essentiels qui existent entre les conceptions psychiatrique et l'hospice sont mis en évidence et s'expriment aux origines par les choix architecturaux et l'établissement d'une colonie agricole (pour un traitement "moral", sous une forte influence des théories hygiénistes). Avec le développement des traitements médicamenteux, puis de la "sociothérapie" et des thérapies de choc, l'asile se mue peu à peu, dès 1930, en hôpital au sens actuel du terme. Le travail montre aussi l'interventionnisme croissant de l'Etat neuchâtelois en matière de politique sanitaire, perceptible dès 1848. 

    Sylvie GUINAND, L'orphelinat cantonal de Neuchâtel, Fondation Borel [Dombresson]. Evolution de l'assistance à l'enfance aux XIXe et XXe siècles, 1999, 120 p. (95 p. de texte et 25 p. d'annexes).
    S'appuyant notamment sur les Archives de la Fondation Borel, à Dombresson, cette utile monographie replace la création de l'orphelinat en 1880, grâce au legs à l'Etat de Neuchâtel de la fortune de François-Louis Borel, commerçant fortuné, dans le contexte de l'évolution de la problématique séculaire de l'enfance en difficulté et de l'assistance dans le canton. Sylvie Guinand analyse en détail les origines de l'institution, son fonctionnement, ses règles de discipline, son personnel. Elle dégage l'idéologie qui sous-tend les grands principes éducatifs en vigueur (religion, travail, amour), montrant l'intérêt que portent les fondateurs aux grands modèles européens et leur souci de mettre sur pied un établissement économiquement viable. L'organisation originelle adoptée, le "système par familles", probablement né en Suisse, offre aux enfants (garçons et filles) regroupés par douzaines un père et une mère de substitution, salariés par l'orphelinat; on fait travailler les enfants à la ferme, au jardin, au ménage, avec l'espoir de les doter d'une formation professionnelle élémentaire ; une institutrice s'occupe de l'école; l'instruction religieuse est essentielle. La lente transformation de cette institution en un "Centre pédagogique et thérapeutique" est décrite, son éloignement de l'organisation initiale, phénomène amorcé dès les lendemains de la Première Guerre mondiale et accompli dans les années 1960; mais le travail met surtout l'accent sur les premières décennies de l'histoire de l'orphelinat.

    Pierre-Yves GERBER, Morale, laïcisation et pédagogie. Regards sur la mise en place de la formation pédagogique des enseignants à Neuchâtel au XIXe siècle (1829-1889), 2000, 105 p. 85 p. de texte et 20 p. d'annexes).
    Surtout basé sur des textes normatifs (notamment les lois scolaires), ce travail veut montrer comment l'Etat, à travers la formation des enseignants, a pris en mains le domaine de l'école, sur quels fondements idéologiques s'établit cette démarche, qui se fait en étroite connexion avec le processus de laïcisation-sécularisation, avec quels objectifs et selon quelles modalités. Les raisons de l'intervention de l'Etat cantonal sont examinées et surtout les modalités institutionnelles de cette intervention. L'étude peut notamment s'appuyer sur la source remarquable que constituent les procès-verbaux (publiés) des "conférences générales des instituteurs", annuelles de 1832 à 1847 (sauf 1840 et 1842), puis de 1860 à 1897 .

    Christian SESTER, La valeur du temps. Les discours sur l'emploi du temps ouvrier dans la seconde moitié du XIXe siècle: l'exemple et l'application de la loi des fabriques et de la conquête du dimanche dans le canton de Neuchâtel, 1997, 124 p. (84 p. de texte et 40 p. d'annexes)
    L'ambition de Christian Sester est, à l'aide des correspondances du Service cantonal des fabriques, des archives pastorales et d'une riche collection de brochures, d'identifier un "discours" neuchâtelois pluriel, favorable ou hostile à l'innovation, propre à rendre compte de la mutation typique de la fin du XIXe siècle quant à la représentation du temps et du travail ouvriers dans les sociétés en cours d'industrialisation. Dans cette perspective, les débats autour de la Loi fédérale sur les fabriques de 1877, puis la problématique de son application, qui heurte les intérêts patronaux, constituent une belle occasion. Médecins et hygiénistes appuient les revendications ouvrières, socialistes et syndicalistes, qui militent en faveur d'une limitation légale de la durée du travail. Les entrepreneurs fustigent le manque de souplesse introduit par la régulation du temps de travail. En fait il s'agit d'une résistance aux atteintes portées au mode traditionnel d'organisation de la production. Le même antagonisme est révélé par l'analyse des conditions dans lesquelles s'est imposée l'interdiction du travail dominical, inscrite (sauf absolue nécessité) dans la loi de 1877 sans pour autant que la discussion à ce sujet prenne fin. Le temps "sans travail" n'est en effet pas d'emblée reconnu comme temps libre; dans la tradition de la sanctification du dimanche, les pasteurs tentent d'en garder le contrôle.

    Laurent FEUZ, Un aspect de l'idéologie hygiéniste en ville de Neuchâtel: l'évacuation des eaux usées. 1834-1885, 2000, 132 p. (116 p. de texte et 16 p. d'annexes).
    Laurent Feuz a mené une enquête méticuleuse et solidement informée, mettant judicieusement à profit de très belles sources, principalement recueillies aux Archives de la Ville de Neuchâtel; il apporte ainsi une contribution originale à l'histoire urbaine du canton. Le processus d'instauration d'un système "hygiénique" d'évacuation des eaux usées est un aspect central et révélateur de l'évolution globale du milieu urbain au XIXe siècle.
    Le travail va de la décision du détournement des eaux du Seyon du centre de la ville en 1834 à l'achèvement de la construction des égoûts en 1885. L'approche est d'abord technique; montrant de quelle situation sanitairement très insatisfaisante le mouvement part, elle ne néglige rien des problèmes les plus concrets auxquels les édiles se heurtent dans leur volonté croissante d'assainissement - et c'est là un des plus intéressants apports d'un mémoire qui s'attaque à un sujet encore rarement abordé. Mais l'auteur rattache également cette description aux motivations fondamentales, "idéologiques", des initiateurs, principalement à l'hygiénisme ambiant; la liaison étroite qui existe entre la crainte des épidémies et la conjoncture des épidémies d'une part et d'autre part les rythmes de l'assainissement est notamment bien mise en évidence. Les transformations mentales qui, dans la population, accompagnent et rendent finalement possible le plein succès de ce mouvement, sont aussi prises en compte.

    Laurence WIEDMER, La pratique du testament olographe dans le canton de Neuchâtel: attitudes face à la mort, sentiments religieux et sensibilités familiales (1850-1904), 1995, 142 p. (115 p. de texte et 27 p. d'annexes).
    Le testament olographe, entièrement rédigé par le testateur, offre l'avantage sur le testament notarié de ne pas avoir été soumis à l'intermédiaire d'un officier public et de ne pas avoir dû se plier à des règles formelles strictes; leur spontanéité est donc a priori plus grande, sans que les codes tacites qui font partie intégrante de l'univers social et culturel des testateurs n'en soient, bien entendu, évacués: l'utilité de ces textes comme révélateurs des tendances d'une société, de ses valeurs dominantes, n'est donc pas en cause.
    Laurence Wiedmer examine un corpus considérable de près de six cents testaments, échantillon déterminé par trois coupes chronologiques (1850-1859; 1875-1884; 1900-1904); le Littoral neuchâtelois est privilégié (treize localités, dont Neuchâtel), mais La Chaux-de-Fonds et Le Locle ont été pris en compte. Le contexte juridique de la production de ces actes est décrit; l'analyse formelle permet de dégager plusieurs modèles de rédaction et quelques formules stéréotypées; puis les testateurs sont l'objet d'une analyse sociologique, afin de replacer l'échantillon dans le cadre de la société neuchâteloise de la fin du XIXe siècle et d'en évaluer la représentativité. La problématique centrale est traitée en trois volets : les attitudes devant la mort, le discours religieux des testaments, les dispositions matérielles (legs de charité et de piété, dispositions relatives la famille).
    De ce beau travail, très substantiel, regorgeant de considérations perspicaces, nuancées et sensibles, on tirera d'abord le constat d'une laïcisation marquée, au point que les signes de piété sont devenus tout-à-fait marginaux au terme de la période étudiée. L'auteur s'interroge sur les causes de ce phénomène (déchristianisation, recul du conformisme social, repli sur la sphère familiale ou individuelle ?), sans conclure de manière catégorique.

    Olivier RYCHNER, Quand Geelong prenait de la bouteille: vignerons suisses et neuchâtelois dans la colonie de Victoria (Australie) [seconde moitié du XIXe siècle], 1998, 144 p. (89 p. de texte et 55 p. d'annexes) (13).
    Dans l'histoire de l'émigration suisse, l'Australie occupe une position secondaire dans la diversité des destinations des émigrants. Le cas est toutefois intéressant dans la mesure où il s'agit d'une émigration dite de "spécialistes" : principalement de Tessinois vers les mines d'or d'une part (au milieu du siècle), de vignerons romands et alémaniques d'autre part. Parmi ces derniers, les Neuchâtelois établis dans l'Etat de Victoria dès les années 1850 occupent une bonne place et leur nombre, très difficile à saisir avec précision, s'exprime en centaines.
    Olivier Rychner s'intéresse aux causes de cet aspect de l'émigration neuchâteloise, soit aux facteurs d'attraction propre à l'Australie de la seconde moitié du XIXe siècle - dont la politique d'incitation migratoire australienne -, ainsi que, secondairement, aux facteurs répulsifs locaux qui conduisent au déracinement. Il décrit également les réseaux de communication et d'entraide, les mécanismes de la "chaîne migratoire" qui rendent envisageable puis réel ce mouvement. Mais c'est surtout aux circonstances de l'immigration qu'est consacrée cette étude, qui a su bien mettre à profit les archives neuchâteloises et surtout des fonds australiens de premier intérêt, consultés sur place (entre autre La Trobe Library, Melbourne; State Library of Victoria). Les deux principaux centres de Geelong et de Lillydale font l'objet d'une analyse fouillée, grâce notamment à des correspondances très riches d'enseignements. A la fin du siècle, les difficultés économiques et commerciales de même que la crise du phylloxéra provoqueront le déclin de ces établissements, la réémigration, le retour au pays ou la conversion de la plupart des vignerons à d'autres activités.
    Ce travail est une utile contribution à l'histoire des mouvements migratoires, davantage dans le sens de l'histoire australienne de l'immigration que de celui de l'émigration européenne, suisse ou neuchâteloise.

    XIXe-XXe Siècles

    Christophe STAWARZ, La paix à l'épreuve. Le pacifisme à La Chaux-de-Fonds de la fin du XIXe siècle à la veille de la Première Guerre mondiale, 1999, 136 p. (14)
    Le milieu chaux-de-fonnier est particulièrement propice, au tournant du siècle, à l'éclosion de d'un mouvement pacifiste polymorphe, que Christophe Stawarz définit triplement, comme pacifisme à la fois "bourgeois", "ouvrier" et "chrétien social". C'est à l'analyse des causes et des formes de cette présence affirmée qu'il a consacré son travail, d'une grande richesse. Sa démarche veut saisir le particulier (le cas de La Chaux-de-Fonds ) "à travers le prisme de l'universel", dans un va-et-vient constant entre le microcosme urbain des Montagnes et le contexte international. Il étudie d'abord les formes d'organisation du ou des mouvements pacifistes, avec le souci de cerner les liens qui les unissent à des structures et des réseaux internationaux. Puis il analyse le discours de ces mouvements, leurs visions de la guerre et les références idéologiques distinctes qui fondent ces conceptions. Il cherche enfin à comprendre les modalités de parole et d'action des pacifistes chaux-de-fonniers, en dégageant ce qui, selon lui, dans les structures ou les caractéristiques propres à la ville, peut expliquer le succès du pacifisme.
    La presse engagée constitue une des sources principales de ce beau mémoire, avec divers fonds privés conservés à la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds (Fonds Paul Pettavel notamment) ainsi que les archives de la section locale de la Société suisse de la Paix.

    Helène PASQUIER, La "chasse à l'hectolitre" de la Brasserie Müller (S.A.). 1885-1953, 2000, 101 p. (70 p. de texte et 31 p. d'annexes).
    Le Fonds d'archives de la Brasserie Müller, conservé aux Archives de la Ville de Neuchâtel, a pour l'essentiel permis la rédaction de cette pénétrante étude d'une entreprise dont elle veut comprendre la politique et la stratégie de vente, en particulier la nature des liens établis avec la clientèle. Mais l'éclairage monographique ou micro-économique se veut branché sur une vision d'ensemble du marché de la bière en Suisse, en un effort heureux de mise en perspective.
    Dans le cadre de la brasserie helvétique, Müller, petite entreprise familiale (filiation Müller-Schott-Uhler) créée en 1860, occupe cependant une place très secondaire (entre 0,15 et 0,8 % de la production helvétique de 1888 à 1953). La structure familiale de la maison, son évolution et les conséquences de cette dernière sur son organisation sont tout d'abord observées. Sont ensuite analysés les effets de l'innovation chimique et technique dans la fabrication de la bière, bouleversant à la fin du XIXe siècle la productivité et améliorant les possibilités de conservation, contraignant les brasseurs à adapter le volume d'une production de moins en moins artisanale aux possibilités de vente; celles-ci, en particulier dans les débits de boisson, sont limitées, notamment par la volonté de l'Etat; ces mutations durcissent la compétition entre les entreprises, qui se livrent dès lors à une "chasse à l'hectolitre" déstabilisante. Comme les autres, la brasserie Müller recherche de nouveaux débouchés, propres à contourner ce goulot d'étranglement. La problématique fondamentale qui se pose en fait est celle de l'existence d'une marge de manúuvre et du rôle de l'entrepreneur dans un environnement économique donné, ou celle des rapports entre micro- et macro-économie.

    Bastien BUSS, Vie quotidienne militaire et mentalité: les troupes neuchâteloises mobilisées pendant la Première Guerre mondiale, 1999, 133 p. (96 p. de texte et 37 p. d'annexes).
    Utilisant des documents très divers, manuscrits ou imprimés, hélas souvent lacunaires ou décevants, ce travail entend décrire le morne quotidien des soldats neuchâtelois mobilisés en 1914-1918. Il survole tour à tour le domaine ordinaire des activités proprement militaires, les congés, les relations entre officiers et soldats, évoque les événements exceptionnels et s'efforce de rassembler les notations relatives au moral de la troupe et aux relations entre militaires et civils.

    Christian JACCARD, Le combat politique pour le droit de vote et d'éligibilité des femmes dans le canton de Neuchâtel, 1996, 243 p. (163 p. de texte et 80 p. d'annexes).
    Replaçant le cas neuchâtelois dans le cadre du combat féministe international pour le suffrage féminin, l'auteur resserre ensuite son champ de vision sur la Suisse, et enfin sur les combats neuchâtelois, dont la description chronologique extrêmement détaillée et surabondamment documentée constitue l'essentiel du travail. Les archives et les publications de diverses associations féministes, les textes parlementaires et législatifs cantonaux et fédéraux, la presse neuchâteloise constituent l'essentiel d'une documentation qui permet de retracer par le menu l'histoire de la conquête du suffrage féminin dans le canton, de la création à Neuchâtel en 1905 de l'Union féministe pour le suffrage féminin au vote populaire de septembre 1959. L'accent est mis tout particulièrement sur les votations populaires concernées (les trois refus de juin 1919, novembre 1941, mars 1948), dont l'étude permet de dégager les argumentaires en présence.

    Christophe JACCARD, L'Helvetia. Vivre la guerre à la frontière franco-suisse (1939-1945). Entre témoignage oral et source écrite, 2000, 124 p. (109 p. de texte et 15 p. d'annexes).
    Entre ethnologie et histoire, ce mémoire, très orienté vers la réflexion méthodologique, veut faire revivre, à travers deux témoignages oraux, dont surtout celui (en partie transcrit) de la tenancière d'un restaurant situé à la frontière franco-suisse, face au poste de douane de l'Ecrenaz (vallée de La Brévine), la manière dont la guerre y a été vécue, dans le concret du quotidien. Il entend compléter ainsi les travaux d'historiens consacrés au problème de l'asile pendant la guerre, ou tout au moins montrer tout ce que l'histoire orale pourrait apporter au dossier.

    Philippe HENRY
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    (1) La tradition de ces présentations remonte à 1978: Rémy SCHEURER, "L'histoire neuchâteloise dans les mémoires de licence ès lettres de 1968 à 1978", Musée neuchâtelois, 1978/4, pp.177-182; Louis-Edouard ROULET, "L'histoire neuchâteloise dans les mémoires de licence ès lettres de 1979 à 1982", Musée neuchâtelois, 1983/2, pp.68-72; Philippe HENRY, "L'histoire neuchâteloise dans les mémoires de licence ès lettres de 1983 à 1988", Musée neuchâtelois, 1989/4, pp.217-226; Philippe HENRY, "L'histoire neuchâteloise dans les mémoires de licence ès lettres de 1989 à 1994", Musée neuchâtelois, 1995/2, pp.81-96.
    (2) Il faut insister sur cet adverbe. Rendre compte en quelques lignes de travaux originaux qui peuvent compter plus de deux cent pages est souvent bien difficile et réducteur; je réclame l'indulgence des auteurs !
    (3) Cahiers de l'Institut d'histoire, Neuchâtel: No 3, Pierre-Yves CHATELAIN, Histoire et idéologie: l'enseignement de l'histoire suisse dans l'école primaire neuchâteloise (1850-1904), 1995; No 4, Damien BREGNARD, Le parcours du combattant: le régiment de l'Evêché de Bâle au service de France lors de la campagne de Corse (1768-1770), 1997.
    (4) On peut ici compléter notre recension de 1995 en précisant que deux des travaux alors présentés ont été partiellement utilisés par leurs auteurs dans la rédaction d'articles parus dans la Revue historique neuchâteloise-Musée neuchâtelois : Diane SKARTSOUNIS, "Abram-Louis Sandoz, un fantôme au musée ou la contribution d'un journal personnel à la muséologie", Musée neuchâtelois, 1996/4, pp.291-301; Pierre-Yves CHATELAIN, "Henri Elzingre: une histoire de manuels", Revue historique neuchâteloise, 1997/3-4, pp.321-334.
    (5) Sandra LENA, "Neuchâtelois du Haut et Neuchâtelois du Bas dans la seconde moitié du XVIIIe siècle: une ou deux sensibilités ?", Revue historique neuchâteloise, 1999/3, pp.213-231.
    (6) Cf. Corinne DORET, "La presse d'opposition autour de 1831", dans Philippe HENRY (dir.), Conservatisme, réformisme et contestation. Aux origines de la Révolution neuchâteloise de 1848, Neuchâtel, Cahiers de l'Institut d'histoire, No 6, 1999, pp.103-111.
    (7) Cf. Laurent SESTER, "La question de la presse à Neuchâtel, 1831-1848: législation, idéologie et rapport au pouvoir", ibid., pp.113-122.
    (8) Cf. David BERGER, "Les sociétés de tir et la participation neuchâteloise aux tirs fédéraux entre 1831 et 1848", ibid., pp.157-169.
    (9) Cf. Bertrand KUNZI, "La mise en place de la nouvelle administration: rupture ou continuité ?", ibid., pp.185-195.
    (10) Cf. Valérie SIEGENTHALER, "La laïcisation de l'école: enjeu social et débat dans la presse neuchâteloise, de 1848 à 1872", dans Revue historique neuchâteloise, 1998/3, pp.169-182.
    (11) Cf. Séverine HUTIN, "Le festspiel de 1898: Neuchâtel suisse", dans Philippe HENRY (dir.), La mémoire de la Révolution neuchâteloise de 1848. Du Cinquantenaire au Centenaire. 1898-1948, Hauterive, 1997, pp.106-137.
    (12) Cf. Dominique LOVIS, "Le festival de 1948: Pays de Neuchâtel, pièce en trois actes de Jules Baillods", ibid., pp.138-154, et "Aspects des commémorations de la naissance de la République neuchâteloise", dans Philippe HENRY (dir.), Conservatisme, réforme et contestationÖ, op.cit., pp.197-209.
    (13) Un résumé de ce mémoire paraîtra dans la Revue historique neuchâteloise, 2001/1.
    (14) Ce travail a été présenté dans la Revue historique neuchâteloise, 2000/3, pp.121-156, sous le titre: "La Chaux-de-Fonds à la veille de la Première Guerre mondiale: une cité horlogère au cúur du pacifisme international".
    Adresse de l'auteur : Philippe Henry, Institut d'histoire de l'Université, Faculté des lettres et sciences humaines, Espace Louis-Agassiz 1, 2000 Neuchâtel.
     

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