Mélisane BILLE, La conception du salut de l'âme
dans les testaments neuchâtelois catholiques et protestants aux XVIe
et XVIIe siècles, 1999, 97 p. (82 p. de texte et 15 p. d'annexes).
Cyrille MOINE, Le Locle dans la première moitié
du XVIe siècle, aperçus historiques, démographiques
et géographiques, 1998, 135 p. (60 p. de texte et 75 p. d'annexes).
Daniela SCHNEGG-ALBISETTI, Criminalité et répression
dans le Pays de Neuchâtel au XVIIe siècle, 1999, 199 p.
(154 p. de texte et 44 p. d'annexes).
Raphaël BÉGUELIN, Le regard des autres. Les
Montagnes neuchâteloises d'après les relations de voyages
(1750-1820), 2000, 249 p. (146 p. de texte et 103 p. d'annexes).
Sandra LENA, La mort dans les testaments notariés
neuchâtelois (1760-1806), 1997, 94 p. (77 p. de texte et 17 d'annexes).
Jean-Philippe RUTZ, Les mines et la métallurgie
dans la Principauté de Neuchâtel au XVIIIe siècle,
1997, 161 p. (131 p. de texte et 30 p. d'annexes).
Marie KNOEPFLER, Des livres français en Pologne
au XVIIIe siècle : la Société typographique de Neuchâtel
et ses clients polonais (1772-1789), 1999, 174 p. (117 p. de textes
et 57 p. d'annexes).
Corinne DORET, 1831: naissance de la presse d'opposition
à Neuchâtel, 2000, 124 p. (103 p. de texte et 19 p. d'annexes).
Patrick TURUVANI, 1831-1835. La presse d'opposition neuchâteloise,
ou l'expression d'un mécontentement populaire, 1998, 158 p.
Laurent SESTER, La question de la presse à Neuchâtel
1831-1848. Enjeux politiques et idéologiques, 1999, 157 p. (125
p. de texte et 32 p. d'annexes).
David BERGER, Dans la ligne de mire: pouvoir et société
de tir dans la principauté de Neuchâtel (1831-1848), 1998,
138 pages (122 p. de texte et 16 p. d'annexes).
Bertrand KUNZI, Les institutions républicaines
neuchâteloises au lendemain de 1848, rupture ou continuité
de l'Ancien Régime ?, 1997, 128 p. (100 p. de texte et 28 p.
d'annexes).
Valérie SIEGENTHALER, Transformation de la place
de l'Eglise dans la société neuchâteloise de 1848 à
1873, une perspective donnée par la presse, 1997, 127 p. (93
p. de texte et 34 p. d'annexes).
Séverine HUTIN, Mythes et tabous de l'histoire
suisse et cantonale au travers de cinq Festspiele romands (1896-1914),
1996, 165 p.
Dominique LOVIS, Cinquantenaire, Centenaire, Cent-cinquantenaire
de la naissance de la République neuchâteloise. Essai d'interprétation
des commémorations de 1898, 1948 et 1998, 1999, 185 p. (122
p. de texte et 63 p. d'annexes).
Marie-Laure WEBER, L'élaboration et les débuts
de l'application du code pénal neuchâtelois de 1855. Législation
de transition entre la justice d'Ancien Régime et une justice moderne,
1999, 143 p. (99 p. de texte et 44 p. d'annexes).
Pierre-Yves SANDOZ, Le pénitencier du Saarberg
[Neuchâtel]: une maison carcérale inscrite dans le mouvement
européen de modernisation de la justice pénale et de l'amélioration
des conditions d'incarcération (1848-1909), 1998, 169 p. (138
p. de texte et 31 p. d'annexes).
Cédric FISCHER, De la retraite hygiéniste
au traitement ambulatoire : histoire de l'évolution des conceptions
psychiatriques et leur influence sur l'Hospice cantonal de Perreux-Neuchâtel,
de 1897 à 1961, 1997, 77 p.
Sylvie GUINAND, L'orphelinat cantonal de Neuchâtel,
Fondation Borel [Dombresson]. Evolution de l'assistance à l'enfance
aux XIXe et XXe siècles, 1999, 120 p. (95 p. de texte et 25
p. d'annexes).
Pierre-Yves GERBER, Morale, laïcisation et pédagogie.
Regards sur la mise en place de la formation pédagogique des enseignants
à Neuchâtel au XIXe siècle (1829-1889), 2000, 105
p. 85 p. de texte et 20 p. d'annexes).
Christian SESTER, La valeur du temps. Les discours sur
l'emploi du temps ouvrier dans la seconde moitié du XIXe siècle:
l'exemple et l'application de la loi des fabriques et de la conquête
du dimanche dans le canton de Neuchâtel, 1997, 124 p. (84 p.
de texte et 40 p. d'annexes)
Laurent FEUZ, Un aspect de l'idéologie hygiéniste
en ville de Neuchâtel: l'évacuation des eaux usées.
1834-1885, 2000, 132 p. (116 p. de texte et 16 p. d'annexes).
Laurence WIEDMER, La pratique du testament olographe dans
le canton de Neuchâtel: attitudes face à la mort, sentiments
religieux et sensibilités familiales (1850-1904), 1995, 142
p. (115 p. de texte et 27 p. d'annexes).
Olivier RYCHNER, Quand Geelong prenait de la bouteille:
vignerons suisses et neuchâtelois dans la colonie de Victoria (Australie)
[seconde moitié du XIXe siècle], 1998, 144 p. (89 p.
de texte et 55 p. d'annexes).
Christophe STAWARZ, La paix à l'épreuve.
Le pacifisme à La Chaux-de-Fonds de la fin du XIXe siècle
à la veille de la Première Guerre mondiale, 1999, 136
p.
Helène PASQUIER, La "chasse à l'hectolitre"
de la Brasserie Müller (S.A.). 1885-1953, 2000, 101 p. (70 p.
de texte et 31 p. d'annexes).
Bastien BUSS, Vie quotidienne militaire et mentalité:
les troupes neuchâteloises mobilisées pendant la Première
Guerre mondiale, 1999, 133 p. (96 p. de texte et 37 p. d'annexes).
Christian JACCARD, Le combat politique pour le droit de
vote et d'éligibilité des femmes dans le canton de Neuchâtel,
1996, 243 p. (163 p. de texte et 80 p. d'annexes).
Christophe JACCARD, L'Helvetia. Vivre la guerre
à la frontière franco-suisse (1939-1945). Entre témoignage
oral et source écrite, 2000, 124 p. (109 p. de texte et 15 p.
d'annexes).
Introduction
Une nouvelle fois (1), nous présentons très
succinctement (2) dans cet article les mémoires
de licence soutenus depuis quelques années à l'Institut d'histoire
de notre Université et ayant trait à l'histoire neuchâteloise.
Ces mémoires sont au nombre de vingt-neuf.
La croissance du nombre de pages de ces recensions périodiques
reflète l'augmentation de celui des étudiants en histoire
à l'Université de Neuchâtel. Elle témoigne aussi
d'un intérêt constant pour une histoire régionale d'une
grande richesse, à travers laquelle il est possible d'aborder, dans
une définition localisée et à une échelle maîtrisable,
des thèmes et des problématiques d'intérêt général.
Une histoire commodément accessible, à travers une documentation
abondante conservée dans des dépôts d'archives proches
et accueillants avec lesquels l'Institut d'histoire, dans une partie de
ses activités d'enseignement et de recherche, travaille en étroite
collaboration (principalement avec les Archives de l'Etat de Neuchâtel).
Cet accroissement correspond enfin dans une certaine mesure à l'augmentation
de la taille des mémoires, rares maintenant à ne pas dépasser
la centaine de pages; ce phénomène, qui n'est évidemment
pas toujours synonyme de gain de qualité, traduit souvent l'enthousiasme
des étudiants pour leur sujet, leur louable souci, également,
de dévoiler au lecteur une partie de leurs sources en de volumineuses
annexes et pièces justificatives.
Les travaux concernés sont passés en revue dans l'ordre
chronologique du contexte des sujets, par découpage séculaire.
Cette manière de faire rend évidente la domination du XIXe
siècle dans les choix des étudiants (seize travaux, plus
trois s'inscrivant à cheval sur le XIXe et le XXe siècle),
alors que le XVIIIe et le XXe siècle se partagent l'essentiel du
solde. En dehors des problèmes de difficultés d'utilisation
des sources (lacunes, obstacle de l'écriture pour le moyen âge
et le début des temps modernes - limites posées à
l'accessibilité pour le XXe siècle), cette distribution relève
de circonstances dans lesquels interviennent, entre autres, les intérêts
des enseignants, l'orientation de leurs cours et séminaires, ou
encore le jeu très conjoncturel des commémorations (en particulier
1848-1998). Si dans notre recension de 1995, nous devions déplorer
la rareté des travaux portant sur le XXe siècle, cette caractéristique
commence à s'estomper dans le présent bilan, et plusieurs
mémoires en cours ou en projet, principalement dans le domaine économique
(histoire des entreprises), confirmeront bientôt cette évolution.
Rappelons enfin, que, si ces textes, généralement le fruit
d'un gros labeur, ne sont pas de valeur égale, si leurs conclusions
ne vont pas toujours également loin, s'il s'agit parfois d'une première
étape qui se poursuit par un approfondissement, sous la forme d'une
thèse de doctorat par exemple, tous résultent d'une aspiration
plus ou moins marquée à l'originalité et à
l'innovation, sur le plan du sujet, de la documentation ou de la démarche.
A ce titre, ils méritent d'être signalés au public.
Quelques-uns des meilleurs d'entre eux (3) ont été
ou seront intégralement publiés dans la série des
Cahiers
de l'Institut d'histoire, créée principalement à
cet effet. D'autres ont débouché sur un article dans la présente
revue ou dans d'autres publications, ce que nous signalerons au passage
(4).
Il est possible de consulter tous ces mémoires à la bibliothèque
de l'Institut d'histoire (bâtiment de la Faculté des Lettres,
Espace Louis-Agassiz 1, Neuchâtel).
*****
XVIe et XVIIe siècles
Mélisane BILLE, La conception du salut de l'âme
dans les testaments neuchâtelois catholiques et protestants aux XVIe
et XVIIe siècles, 1999, 97 p. (82 p. de texte et 15 p. d'annexes).
Les testaments sont devenus une source classique de l'histoire des
mentalités, en particulier sous l'angle des attitudes devant la
mort. Mélisane Bille, s'inspirant des travaux de Laurence Wiedmer
(XVIIIe siècle) et de Sandra Lena (XIXe siècle), présentés
ci-dessous, étudie un ensemble de 384 testaments neuchâtelois
datant de 1497 à 1707 (en moyenne deux testaments par année),
corpus
patiemment rassemblé sur la base des archives notariales. Son intention
première est de comparer les attitudes protestantes (85 % des testaments)
et les attitudes catholiques (15 %) en matière de salut; c'est pourquoi
la zone géographique concernée comprend, outre la ville de
Neuchâtel et quatre communes du Littoral, les paroisses restées
catholiques du Landeron et de Cressier. L'analyse se veut, dans la mesure
du possible, quantitative.
Les règles testimoniales juridiques et les pratiques neuchâteloises
étant précisées, la personnalité sociale des
testateurs est examinée, puis - et c'est le cúur du travail - le
contenu textuel des actes (formules oratoires, clauses pieuses, legs pieux
et profanesÖ) est détaillé, avec le souci de faire ressortir
des contrastes en fonction de la confession. Malgré le poids des
conventions et des contraintes notariales, il est possible de percevoir,
dès la Réforme, aussi bien chez les catholiques que chez
les protestants, des discours et des attitudes personnelles, qui révèlent
des spécificités confessionnelles et des évolutions
diachroniques.
Cyrille MOINE, Le Locle dans la première moitié
du XVIe siècle, aperçus historiques, démographiques
et géographiques, 1998, 135 p. (60 p. de texte et 75 p. d'annexes).
Il s'agit d'une monographie solidement ancrée dans sa documentation,
qui repose notamment sur les "reconnaissances" du début du XVIe
siècle (soit les actes juridiques par lesquels un individu "reconnaît"
tenir un bien-fonds de son seigneur), ainsi que sur des sources comptables.
Une partie de ces documents inédits sont reproduits en annexes.
L'auteur s'efforce d'abord, avec les grosses difficultés inhérentes
à la nature de ses sources, d'estimer le poids démographique
du village du Locle, en expansion à cette époque et qui semble
avoir atteint ou dépassé le millier d'habitants au début
du siècle. Le territoire de la mairie (82 km2, dont la moitié
est défrichée) est ensuite décrit, l'aspect des terres,
la superficie des exploitations, le nombre et la répartition des
parcelles et celle des habitants, révélant un habitat dispersé,
seule une minorité des résidents vivant au village. La taille
des tenures est très variable. On peut constater que les terres
les plus intéressantes de la vallée du Locle sont alors déjà
mises en valeur et que la colonisation s'est faite d'abord en direction
de l'est, vers les Eplatures et La Chaux-de-Fonds, qui devra son existence
à ce mouvement.
Daniela SCHNEGG-ALBISETTI, Criminalité et répression
dans le Pays de Neuchâtel au XVIIe siècle, 1999, 199 p.
(154 p. de texte et 44 p. d'annexes).
Ce gros travail traite d'une manière générale
de l'exercice de la justice criminelle neuchâteloise au XVIIe siècle,
replacé dans un large contexte historiographique (l'histoire du
crime et de la justice est en plein développement depuis une vingtaine
d'années) et souvent comparé, quant à Neuchâtel,
à ce qui se passe au XVIIIe siècle, mieux connu. Les caractéristiques
administratives et juridiques du comté, puis de la principauté,
la procédure criminelle en vigueur, les mécanismes et les
finalités de la répression, enfin la nature des comportements
poursuivis sont analysés, dans un questionnement très serré
des sources et dans une saine conscience de leurs limites. Ces sources
sont en effet lacunaires et ne permettent pas une reconstitution statistiquement
satisfaisante de l'exercice de la justice criminelle au XVIIe siècle
- contrairement à ce qu'il en est pour le XVIIIe. L'option du travail,
pleinement justifiée, est donc plus qualitative que quantitative.
Se dégage de cette enquête minutieuse le tableau d'une
justice criminelle dont l'organisation et les formes procédurales
sont déjà, grosso modo, celles du XVIIIe siècle
et de la fin de l'Ancien Régime, celles contre lesquelles s'élèveront
les libéraux de 1831 et de 1848. Il en va de même des fins
de la répression, vindicative, exemplaire et dissuasive, qui vise
d'abord les atteintes aux patrimoines, surtout si elles sont gravement
qualifiées, de même que la violence paroxystique, mais aussi
la sorcellerie ou les atteintes les plus lourdes à la morale sexuelle
et à l'ordre des familles, comportements encore largement criminalisés.
En revanche la violence quotidienne, extrêmement répandue,
est considérée avec une certaine indulgence, de même
que le larcin occasionnel. Le tout fonctionne sur la base d'un arbitraire
qui tient compte de la jurisprudence et accorde une large place aux circonstances
du crime.
S'il est possible de tirer de ce riche travail - et d'autres - les
caractéristiques d'un couple criminalité-justice typiques
d'un Ancien Régime qui comprend au moins les XVIIe et XVIIIe siècles,
le XVIIe se démarque toutefois, dans sa première moitié,
par l'importance de la chasse aux sorcières.
XVIIIe siècle
Raphaël BÉGUELIN, Le regard des autres. Les Montagnes
neuchâteloises d'après les relations de voyages (1750-1820),
2000, 249 p. (146 p. de texte et 103 p. d'annexes).
L'auteur s'est intéressé à l'image des Montagnes
neuchâteloises (centrées sur La Chaux-de-Fonds, Le Locle et
Les Brenets) dans les récits et guides de voyages parus en Europe
de 1750 à 1820, c'est-à-dire à une époque où
le voyage "pré-touristique" et sa relation connaissent un développement
considérable et où le haut-pays neuchâtelois s'inscrit
momentanément en bonne place dans les itinéraires-types du
voyage en Suisse. L'accent est mis sur la nature du regard porté
par les voyageurs sur cette région, plus que sur la réalité
historique régionale sous-jacente, de sorte que le mémoire
relève surtout de l'histoire des mentalités.
Après une mise en perspective des pratiques et de l'écriture
du voyage à Neuchâtel dans un cadre européen et suisse,
la documentation - une collection aussi complète que possible de
toutes les mentions des Montagnes dans les imprimés recensés
- est soumise à un double traitement. Une lecture "thématique"
tout d'abord, visant à dégager les centres des intérêts
manifestés par les voyageurs, leurs curiosités, leurs étonnements,
de même que les cheminements privilégiés et le conditionnement
matériel du voyage. On retrouve dans le cas neuchâtelois l'attirance
plus générale des récits du XVIIIe siècle des
Lumières pour la science, la technique et l'économie. Suit
une lecture dite "chronologique", cherchant à déterminer
les parentés intertextuelles (proximités, emprunts ouverts
ou cachés, pillages).
S'appuyant sur les méthodes classiques de la critique historique,
mais aussi sur celles de la critique littéraire, puisque le genre
"récit de voyage" est actuellement l'objet d'analyses multiples,
ce riche travail, qui ne se veut pas définitif, ouvre la porte à
de nombreux prolongements.
Sandra LENA, La mort dans les testaments notariés neuchâtelois
(1760-1806), 1997, 94 p. (77 p. de texte et 17 d'annexes).
Sur les mêmes fondements intellectuels que Mélisane Bille
(supra), Sandra Lena, qui l'a précédée, porte
son regard sur des textes datant d'une phase de bouleversements - économiques,
sociaux, mentaux - de l'histoire neuchâteloise, pour y déceler
les éléments d'une évolution des sentiments religieux.
Le recours à la quantification est fréquent, mais n'écrase
pas l'approche qualitative dans une analyse textuelle rigoureuse et subtile.
L'échantillon utilisé est fait de 209 testaments recueillis
dans les registres de 22 notaires couvrant 17 juridictions (sur 22), avec
une forte présence de la mairie de Neuchâtel. Cette large
répartition offre prise à une comparaison entre le "haut"
et le "bas" (néanmoins surreprésenté) du pays de Neuchâtel.
La contextualisation juridique du geste testamentaire, la présentation
formelle des actes et l'étude des testateurs précèdent
une analyse très fouillée des textes, découpée
en trois tranches chronologiques de quinze années. En découle
le constat d'un progressif éloignement du caractère essentiellement
religieux, ou tout au moins pieux, des premiers testaments, au profit d'une
prise en compte de préoccupations profanes, tel le souci du patrimoine
ou de la destinée des proches. Cette forme de "laïcisation"
pourrait traduire un réel détachement de la religion, ou
encore une intériorisation renforcée de la foi réformée,
dès ses origines déjà peu portée sur l'ostentation.
Cet élégant mémoire a récemment été
présenté dans un article de la Revue historique neuchâteloise
(, auquel nous renvoyons pour précisions.
Jean-Philippe RUTZ, Les mines et la métallurgie dans
la Principauté de Neuchâtel au XVIIIe siècle, 1997,
161 p. (131 p. de texte et 30 p. d'annexes).
Il s'agit d'une analyse de la place de l'activité minière
et métallurgique dans le développement économique
neuchâtelois au XVIIIe siècle, sujet rarement abordé
de manière globale et systématique. Cette place est certes
secondaire, mais l'étude de cette modicité permet précisément
à l'auteur de mettre le doigt sur des éléments essentiels
de la vie économique séculaire et de son conditionnement.
Il utilise principalement les sources officielles, émanant notamment
du Conseil d'Etat, ainsi que des fonds privés; cette documentation
en dit peu sur les acteurs, entrepreneurs ou ouvriers, et livre peu de
données chiffrées.
Outre une pauvreté naturelle relative du sous-sol, plusieurs
facteurs contribuent à expliquer la stagnation d'un secteur qui
finalement en reste à un niveau d'exploitation de nature plus artisanale
qu'industrielle et ne s'éloigne pas véritablement de ses
racines médiévales. Tout d'abord une "politique minière"
du Conseil d'Etat inconsistante, en dépit des impulsions prussiennes
de la seconde moitié du siècle (efforts de prospection);
puis une carence de compétences scientifiques, techniques ou gestionnaires
qui caractérise des entrepreneurs peinant par ailleurs à
trouver un financement sûr à leurs projets; un manque de compréhension
et d'intérêt de l'ensemble de la population pour le secteur,
ce qui apparaît bien dans les difficultés que rencontrent
les exploitants dans leurs rapports avec les communautés villageoises
ou urbaines et révèle une attitude "anti-industrialiste"
très répandue, une méfiance et une hostilité
à l'égard de la mise en valeur du sous-sol. L'auteur insiste
aussi à juste titre sur l'obstacle constitué par la pénurie
de bois, matériau indispensable en grande quantité à
l'activité métallurgique.
Marie KNOEPFLER, Des livres français en Pologne au
XVIIIe siècle : la Société typographique de Neuchâtel
et ses clients polonais (1772-1789), 1999, 174 p. (117 p. de textes
et 57 p. d'annexes).
Ce travail, basé sur les richissimes archives conservées
à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel,
analyse les processus de diffusion du livre français en Pologne
par l'étude des commandes que deux libraires de Varsovie passent
à la Société typographique de Neuchâtel d'ouvrages
produits par la STN elle-même (notamment les contrefaçons),
ou simplement distribués par elle. Il s'agit aussi de l'étude
du mode de réception de ces ouvrages par les milieux concernés
de la société polonaise, phénomène découlant
de l'état de développement social et culturel de la Pologne
et conditionné par les données géographiques, commerciales,
voire politiques qui président aux relations entre les deux zones
concernées.
La période choisie va des débuts de la STN (fondée
en 1769; la première trace d'une commande polonaise date de 1772)
à la cessation de ses relations commerciales en 1789. L'envoi effectif
de 385 titres, correspondant à un total de 3414 volumes, a été
découvert. Un important et délicat travail d'identification
bibliographique de ces titres a dû être fait (résultat
livré dans une volumineuse et méticuleuse annexe). L'auteur
de ce mémoire très solidement construit et documenté
conclut à la double représentativité de ce corpus
: représentativité de l'ensemble de la production contemporaine
d'ouvrages français - représentativité de la nature
de la demande (évidemment très élitaire) de livres
français en Pologne.
XIXe siècle
Plusieurs mémoires, en rapports avec des séminaires ou
des recherches menées dans le cadre de l'Institut d'histoire, se
sont intéressés à la Révolution neuchâteloise
de 1848, à ses origines et à ses conséquences :
Corinne DORET, 1831: naissance de la presse d'opposition à
Neuchâtel, 2000, 124 p. (103 p. de texte et 19 p. d'annexes)
(6).
Patrick TURUVANI, 1831-1835. La presse d'opposition neuchâteloise,
ou l'expression d'un mécontentement populaire, 1998, 158 p.
Ces deux travaux sont proches. Corinne Doret met l'accent sur la seule
année 1831, qui voit l'éclosion d'une presse politique éphémère,
jusque là inexistante dans la principauté-canton de Neuchâtel.
Elle commence par une présentation des trois périodiques
concernés (Revue neuchâteloise, Messager neuchâtelois,
Journal
de Neuchâtel), des équipes de rédacteurs, du contenu
rédactionnel des publications, dont l'orientation idéologique
est rapidement saisie à travers leurs commentaires des nombreux
événements politiques de 1831. Puis elle se penche sur la
loi sur la presse de 1831 et les problèmes liés à
son application initiale (1831), qui montrent à quel point les journaux
d'opposition sont perçus comme un danger par les autorités.
Patrick Turuvani, de façon plus globale et en s'appuyant sur
une multitude de citations, fait l'analyse détaillée, formelle
et fondamentale, du seul contenu d'une partie de la presse d'opposition
étudiée dans le travail précédent ainsi que
de quelques pamphlets et journaux neuchâtelois qui se publient en
dehors de la principauté dans les années suivantes; ce sont
là ses sources uniques. Il entend démontrer que la triple
mission qu'a remplie cette presse - informer, éclairer, convaincre
- a été essentielle, à terme, dans l'éclatement
et le succès de la Révolution de 1848.
Laurent SESTER, La question de la presse à Neuchâtel
1831-1848. Enjeux politiques et idéologiques, 1999, 157 p. (125
p. de texte et 32 p. d'annexes) (7).
Le propos de l'auteur est large: au-delà d'une analyse des contenus
et des idéologies, il entend préciser la manière dont
la presse, riches d'enjeux de première importance, est perçue
ou conçue par les responsables politiques de 1831 à 1848,
à Neuchâtel et à Berlin, qu'il s'agisse des journaux
d'opposition imprimés dans la principauté ou à l'extérieur,
ou, surtout, de la presse conservatrice-gouvernementale (Le Constitutionnel
neuchâtelois). Le pouvoir bénéficiant dès
1831 d'une nouvelle loi sur la presse, instrument de sa politique, le travail
commence par une étude fine et détaillée de la mise
en place et de l'évolution ultérieure de cette loi, déterminée
par le contexte de sa naissance. Puis l'accent est mis, en un chapitre
très novateur, sur l'utilisation gouvernementale du Constitutionnel,
journal soutenu par le Conseil d'Etat - du reste seul journal imprimé
dans la principauté depuis 1832 -, ainsi que sur l'attitude du pouvoir
face à la presse extra-cantonale.
Un des mérites de ce travail solide réside dans l'utilisation
d'une documentation ample et diversifiée, dépassant largement
le domaine journalistique, principalement recueillie aux Archives de l'Etat
de Neuchâtel (textes émanant du Conseil d'Etat, correspondance
avec la Suisse ou avec Berlin, procès-verbaux du Corps législatifÖ),
mais aussi à Berlin (archives du Departement für Neuchâtel);
en outre un corpus de plus de cinquante brochures et pamphlets politiques,
souvent complètement oubliés, a été patiemment
réuni et fait l'objet d'une analyse substantielle, très neuve.
Au bilan, le constat de l'acuité de la perception par le gouvernement
du danger que représente une presse libre, danger que la loi de
1831 veut prévenir ou limiter; les autorités prennent par
ailleurs très au sérieux les attaques de la presse extra-cantonale
qu'elles s'efforcent de combattre en intervenant auprès des gouvernements
des cantons concernés. Mais tout cela est vain, et rien n'empêche
la circulation des écrits importés; de cette impuissance
lourde de conséquences, les responsables politiques sans illusions
semblent avoir eu pleine conscience dès la mise en place de la loi
de 1831.
David BERGER, Dans la ligne de mire: pouvoir et société
de tir dans la principauté de Neuchâtel (1831-1848), 1998,
138 pages (122 p. de texte et 16 p. d'annexes) (8).
David Berger s'est intéressé au rôle, dans le mouvement
républicain de 1831 à 1848, des sociétés de
tir, et plus particulièrement de celle, très populaire, des
Armes-Réunies, à La Chaux-de-Fonds (créée en
1820, dissoute par le gouvernement entre 1840 et 1845). On sait que de
nombreux leaders radicaux étaient membres de certaines ces
sociétés très politisées - Fritz Courvoisier
le premier - et qu'elles ont aidé à la formulation et à
la diffusion d'une contestation politique qui se nourrissait notamment
des contact établis par les tireurs neuchâtelois avec ceux
d'autres cantons à l'occasion des tirs fédéraux. Il
ne faut toutefois pas oublier que d'autres sociétés de ce
type, soutenues par le Conseil d'Etat, étaient de tendance conservatrice.
Le travail examine la nature des relations entre le pouvoir et les
tireurs, avec une attention toute spéciale portée à
la participation controversée et problématique - aux yeux
du pouvoir - de ces derniers aux tirs fédéraux, thème
auquel une large partie du travail est consacrée. La démarche
passe par un historique fouillé de la société des
Armes-Réunies, dont les archives sont mises à contribution,
de son intégration dans des réseaux, notamment de sociétés
similaires.
L'auteur attribue aux Armes-Réunies une place centrale dans
le dispositif de circulation des idées nouvelles dans le haut du
pays de Neuchâtel. Il insiste également sur l'importance de
la présence de Neuchâtelois aux tirs fédéraux
comme représentants du républicanisme local, dans la formation
d'une perception nationale négative de la principauté. Il
relève enfin la bonne corrélation qui existe entre l'évolution
du climat politique et l'attitude du gouvernement face aux tireurs.
Bertrand KUNZI, Les institutions républicaines neuchâteloises
au lendemain de 1848, rupture ou continuité de l'Ancien Régime
?, 1997, 128 p. (100 p. de texte et 28 p. d'annexes) (9).
A travers la description de la mise en place provisoire puis définitive
des principales institutions cantonales républicaines en 1848, Bertrand
Kunzi, se fondant essentiellement sur des sources législatives et
administratives, s'interroge sur la nature profonde du changement. Il veut
montrer que les structures de la République empruntent beaucoup
à l'Ancien Régime et que leur instauration ne se résume
pas à une révolution, mais consiste en un processus de transition
complexe, progressif et lent, qui remonte au moins à 1831, voire
à 1814; la continuité l'emporte sur la rupture. La véritable
transformation, d'ordre idéologique, réside dans le triomphe
d'une nouvelle conception de la société et de l'Etat, des
compétences de ce dernier, de ses rapports avec les citoyens. Mais
cette victoire n'entraîne pas, malgré certaines apparences,
la destruction brutale d'un mode de vie collective dépassé.
Valérie SIEGENTHALER, Transformation de la place de
l'Eglise dans la société neuchâteloise de 1848 à
1873, une perspective donnée par la presse, 1997, 127 p. (93
p. de texte et 34 p. d'annexes) (10).
Autour des concepts-clés de laïcisation (séparation
institutionnelle de l'Eglise et de l'Etat) et de sécularisation
(phénomène culturel), l'auteur de ce mémoire examine,
à travers une étude de la presse neuchâteloise, systématiquement
dépouillée, la perception des transformations du rôle
social et politique de l'Eglise dues aux mutations institutionnelles post-révolutionnaires.
Après une mise en contexte (situation ecclésiastique, aspects
juridiques de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, organisation
scolaire), le poids est mis sur l'analyse des réactions contrastées
des journaux face au changement de statut des pasteurs, à la réforme
de l'école - enjeu d'un débat essentiel -, à la restructuration
interne de l'Eglise et à la séparation Eglise-Etat, enfin
à la dogmatique. Deux schémas de pensée, deux conceptions
de la société, celles de la presse radicale, rationaliste
et progressiste, et celle de la presse conservatrice, nostalgique et inquiète,
apparaissent dans des débats très nourris.
Deux travaux se sont penchés sur le phénomène des
commémorations politiques, en rapport avec 1848 :
Séverine HUTIN, Mythes et tabous de l'histoire suisse
et cantonale au travers de cinq Festspiele romands (1896-1914), 1996,
165 p. (11)
Dominique LOVIS, Cinquantenaire, Centenaire, Cent-cinquantenaire
de la naissance de la République neuchâteloise. Essai d'interprétation
des commémorations de 1898, 1948 et 1998, 1999, 185 p. (122
p. de texte et 63 p. d'annexes) (12).
Si le mémoire de Séverine Hutin s'inscrit dans un cadre
romand (Neuchâtel suisse, 1898 (Cinquantenaire de 1848);
Le poème alpestre, Genève, 1896 (Exposition nationale);
Le
Festival vaudois, 1903; Le peuple vaudois, 1903; La fête
de juin, Genève, 1914), la place accordée au premier
de ces festspiele, dû à la plume de Philippe Godet, y est
privilégiée. L'objectif est d'analyser les rapports que ces
spectacles populaires de nature commémorative, expressions importantes
de la mémoire collective, entretiennent avec l'histoire. Les festpiele,
spectacles historiques officiels, le plus souvent commandités par
les gouvernements cantonaux, commencent à se multiplier en Suisse
dès 1886 (commémoration de la bataille de Sempach); ils seront
nombreux jusqu'en 1914; la période correspond à un temps
fort de la construction identitaire nationale. Leur mise en scène
du passé se fait à travers une interprétation, une
instrumentalisation déterminée par les circonstances de leur
production; c'est la nature de cette détermination qui intéresse
l'auteur.
L'analyse très approfondie des úuvres, incluant la confrontation
avec la réalité historique connue, l'étude de la personnalité
des auteurs, des circonstances de la mise sur pied des spectacles permet
de montrer et d'expliquer les déformations, les manipulations ou
les détournements de l'histoire, les messages, les exclusions et
les leitmotive qui les caractérisent. La démonstration est
particulièrement convaincante dans le cas de Neuchâtel
suisse, dont la thèse centrale est le républicanisme
viscéral des Neuchâtelois et l'antiquité de leur vocation
helvétique. Finalement le message essentiel de toutes ces manifestations
voulues et soutenues par le pouvoir politique est univoque: ce sont des
plébiscites, par lesquels "le peuple est amené à répondre
positivement à la question implicite de l'existence de la Suisse
et du désir de poursuivre la vie commune".
Le mémoire de Dominique Lovis est de la même veine; il
ne traite cependant que des commémorations neuchâteloises
de 1848, y compris, démarche hardie puisque sans recul, celles de
1998. Mais son approche se veut globale: la description des manifestations
est très détaillée; les gestes commémoratifs
officiels sont évoqués et font l'objet d'une analyse comparative,
tant quant à la forme des festivités que, dans la mesure
du possible, sur le plan des intentions profondes. Dans tous les cas cependant,
au-delà d'une adaptation formelle au goût de l'époque,
voire aux circonstances du moment, le fondement politique consensuel de
ces manifestations est immuable: la commémoration est toujours utilisée
à des fins politiques; il s'agit bien d'une légitimation
du régime ou du pouvoir en place.
*****
D'autres aspects de la seconde moitié du XIXe siècle ou du
début du XXe siècle, ont été abordés,
en particulier sur le thème de la "disciplinarisation" et du contrôle
de la société :
Marie-Laure WEBER, L'élaboration et les débuts
de l'application du code pénal neuchâtelois de 1855. Législation
de transition entre la justice d'Ancien Régime et une justice moderne,
1999, 143 p. (99 p. de texte et 44 p. d'annexes).
Le système judiciaire neuchâtelois connaît quelques
amorces de réformes entre 1815 et 1848. Mais il faut attendre l'avènement
des radicaux pour assister à sa modernisation progressive, via notamment,
sur le plan pénal, l'abolition du vieux code criminel de Charles-Quint
(la Caroline) et des peines corporelles ainsi que la Loi sur l'organisation
judiciaire dès 1848, la Loi sur la répression des contraventions
et des délits en 1851, l'institution du jury 1853 (qui ne devient
une réalité qu'en 1862), l'abolition de la peine de mort
en 1854, jusqu'au Code pénal de 1855, entré en vigueur dès
1862 seulement. Décrivant cette évolution, analysant notamment
les délibérations du Grand Conseil au sujet de l'abolition
de la peine de mort, le travail met surtout l'accent sur les débats
législatifs ayant présidé à la rédaction
du Code pénal, insistant sur le conservatisme dont font preuve les
législateurs, soucieux de pas trop brusquer la population par un
radicalisme réformateur jugé dangereux, d'éviter une
"dénationalisation" du code neuchâtelois, finalement plus
proche de la jurisprudence locale que du modèle français.
Le travail se termine par un survol de l'évolution de la pratique
de la justice criminelle entre 1851 et 1870 et une présentation
des principaux problèmes posés par l'application du code
dès 1862.
Pierre-Yves SANDOZ, Le pénitencier du Saarberg [Neuchâtel]:
une maison carcérale inscrite dans le mouvement européen
de modernisation de la justice pénale et de l'amélioration
des conditions d'incarcération (1848-1909), 1998, 169 p. (138
p. de texte et 31 p. d'annexes).
L'histoire du pénitencier du Saarberg (Neuchâtel - 1870-1909)
est longuement replacée dans le vaste contexte de l'évolution
générale du droit pénal et de l'idéologie carcérale
au XIXe siècle. Sur la base des archives de l'institution, l'auteur
raconte l'histoire de sa création et présente les différents
règlements qui conditionnent son existence, esquissant une statistique
sociologique de la population des détenus.
Cédric FISCHER, De la retraite hygiéniste au
traitement ambulatoire : histoire de l'évolution des conceptions
psychiatriques et leur influence sur l'Hospice cantonal de Perreux-Neuchâtel,
de 1897 à 1961, 1997, 77 p.
Ce mémoire décrit d'abord les conditions générales
dans lesquelles prend naissance l'idée de la création d'un
"hospice des incurables" à Perreux, à l'instigation de l'Etat
de Neuchâtel. De 1897 à 1930, l'institution tient surtout
du lieu de retraite, puis se transforme progressivement en un véritable
hôpital psychiatrique, parallèlement à l'évolution
des thérapies. Les liens essentiels qui existent entre les conceptions
psychiatrique et l'hospice sont mis en évidence et s'expriment aux
origines par les choix architecturaux et l'établissement d'une colonie
agricole (pour un traitement "moral", sous une forte influence des théories
hygiénistes). Avec le développement des traitements médicamenteux,
puis de la "sociothérapie" et des thérapies de choc, l'asile
se mue peu à peu, dès 1930, en hôpital au sens actuel
du terme. Le travail montre aussi l'interventionnisme croissant de l'Etat
neuchâtelois en matière de politique sanitaire, perceptible
dès 1848.
Sylvie GUINAND, L'orphelinat cantonal de Neuchâtel,
Fondation Borel [Dombresson]. Evolution de l'assistance à l'enfance
aux XIXe et XXe siècles, 1999, 120 p. (95 p. de texte et 25
p. d'annexes).
S'appuyant notamment sur les Archives de la Fondation Borel, à
Dombresson, cette utile monographie replace la création de l'orphelinat
en 1880, grâce au legs à l'Etat de Neuchâtel de la fortune
de François-Louis Borel, commerçant fortuné, dans
le contexte de l'évolution de la problématique séculaire
de l'enfance en difficulté et de l'assistance dans le canton. Sylvie
Guinand analyse en détail les origines de l'institution, son fonctionnement,
ses règles de discipline, son personnel. Elle dégage l'idéologie
qui sous-tend les grands principes éducatifs en vigueur (religion,
travail, amour), montrant l'intérêt que portent les fondateurs
aux grands modèles européens et leur souci de mettre sur
pied un établissement économiquement viable. L'organisation
originelle adoptée, le "système par familles", probablement
né en Suisse, offre aux enfants (garçons et filles) regroupés
par douzaines un père et une mère de substitution, salariés
par l'orphelinat; on fait travailler les enfants à la ferme, au
jardin, au ménage, avec l'espoir de les doter d'une formation professionnelle
élémentaire ; une institutrice s'occupe de l'école;
l'instruction religieuse est essentielle. La lente transformation de cette
institution en un "Centre pédagogique et thérapeutique" est
décrite, son éloignement de l'organisation initiale, phénomène
amorcé dès les lendemains de la Première Guerre mondiale
et accompli dans les années 1960; mais le travail met surtout l'accent
sur les premières décennies de l'histoire de l'orphelinat.
Pierre-Yves GERBER, Morale, laïcisation et pédagogie.
Regards sur la mise en place de la formation pédagogique des enseignants
à Neuchâtel au XIXe siècle (1829-1889), 2000, 105
p. 85 p. de texte et 20 p. d'annexes).
Surtout basé sur des textes normatifs (notamment les lois scolaires),
ce travail veut montrer comment l'Etat, à travers la formation des
enseignants, a pris en mains le domaine de l'école, sur quels fondements
idéologiques s'établit cette démarche, qui se fait
en étroite connexion avec le processus de laïcisation-sécularisation,
avec quels objectifs et selon quelles modalités. Les raisons de
l'intervention de l'Etat cantonal sont examinées et surtout les
modalités institutionnelles de cette intervention. L'étude
peut notamment s'appuyer sur la source remarquable que constituent les
procès-verbaux (publiés) des "conférences générales
des instituteurs", annuelles de 1832 à 1847 (sauf 1840 et 1842),
puis de 1860 à 1897 .
Christian SESTER, La valeur du temps. Les discours sur l'emploi
du temps ouvrier dans la seconde moitié du XIXe siècle: l'exemple
et l'application de la loi des fabriques et de la conquête du dimanche
dans le canton de Neuchâtel, 1997, 124 p. (84 p. de texte et
40 p. d'annexes)
L'ambition de Christian Sester est, à l'aide des correspondances
du Service cantonal des fabriques, des archives pastorales et d'une riche
collection de brochures, d'identifier un "discours" neuchâtelois
pluriel, favorable ou hostile à l'innovation, propre à rendre
compte de la mutation typique de la fin du XIXe siècle quant à
la représentation du temps et du travail ouvriers dans les sociétés
en cours d'industrialisation. Dans cette perspective, les débats
autour de la Loi fédérale sur les fabriques de 1877, puis
la problématique de son application, qui heurte les intérêts
patronaux, constituent une belle occasion. Médecins et hygiénistes
appuient les revendications ouvrières, socialistes et syndicalistes,
qui militent en faveur d'une limitation légale de la durée
du travail. Les entrepreneurs fustigent le manque de souplesse introduit
par la régulation du temps de travail. En fait il s'agit d'une résistance
aux atteintes portées au mode traditionnel d'organisation de la
production. Le même antagonisme est révélé par
l'analyse des conditions dans lesquelles s'est imposée l'interdiction
du travail dominical, inscrite (sauf absolue nécessité) dans
la loi de 1877 sans pour autant que la discussion à ce sujet prenne
fin. Le temps "sans travail" n'est en effet pas d'emblée reconnu
comme temps libre; dans la tradition de la sanctification du dimanche,
les pasteurs tentent d'en garder le contrôle.
Laurent FEUZ, Un aspect de l'idéologie hygiéniste
en ville de Neuchâtel: l'évacuation des eaux usées.
1834-1885, 2000, 132 p. (116 p. de texte et 16 p. d'annexes).
Laurent Feuz a mené une enquête méticuleuse et
solidement informée, mettant judicieusement à profit de très
belles sources, principalement recueillies aux Archives de la Ville de
Neuchâtel; il apporte ainsi une contribution originale à l'histoire
urbaine du canton. Le processus d'instauration d'un système "hygiénique"
d'évacuation des eaux usées est un aspect central et révélateur
de l'évolution globale du milieu urbain au XIXe siècle.
Le travail va de la décision du détournement des eaux
du Seyon du centre de la ville en 1834 à l'achèvement de
la construction des égoûts en 1885. L'approche est d'abord
technique; montrant de quelle situation sanitairement très insatisfaisante
le mouvement part, elle ne néglige rien des problèmes les
plus concrets auxquels les édiles se heurtent dans leur volonté
croissante d'assainissement - et c'est là un des plus intéressants
apports d'un mémoire qui s'attaque à un sujet encore rarement
abordé. Mais l'auteur rattache également cette description
aux motivations fondamentales, "idéologiques", des initiateurs,
principalement à l'hygiénisme ambiant; la liaison étroite
qui existe entre la crainte des épidémies et la conjoncture
des épidémies d'une part et d'autre part les rythmes de l'assainissement
est notamment bien mise en évidence. Les transformations mentales
qui, dans la population, accompagnent et rendent finalement possible le
plein succès de ce mouvement, sont aussi prises en compte.
Laurence WIEDMER, La pratique du testament olographe dans
le canton de Neuchâtel: attitudes face à la mort, sentiments
religieux et sensibilités familiales (1850-1904), 1995, 142
p. (115 p. de texte et 27 p. d'annexes).
Le testament olographe, entièrement rédigé par
le testateur, offre l'avantage sur le testament notarié de ne pas
avoir été soumis à l'intermédiaire d'un officier
public et de ne pas avoir dû se plier à des règles
formelles strictes; leur spontanéité est donc a priori
plus grande, sans que les codes tacites qui font partie intégrante
de l'univers social et culturel des testateurs n'en soient, bien entendu,
évacués: l'utilité de ces textes comme révélateurs
des tendances d'une société, de ses valeurs dominantes, n'est
donc pas en cause.
Laurence Wiedmer examine un corpus considérable de près
de six cents testaments, échantillon déterminé
par trois coupes chronologiques (1850-1859; 1875-1884; 1900-1904); le Littoral
neuchâtelois est privilégié (treize localités,
dont Neuchâtel), mais La Chaux-de-Fonds et Le Locle ont été
pris en compte. Le contexte juridique de la production de ces actes est
décrit; l'analyse formelle permet de dégager plusieurs modèles
de rédaction et quelques formules stéréotypées;
puis les testateurs sont l'objet d'une analyse sociologique, afin de replacer
l'échantillon dans le cadre de la société neuchâteloise
de la fin du XIXe siècle et d'en évaluer la représentativité.
La problématique centrale est traitée en trois volets : les
attitudes devant la mort, le discours religieux des testaments, les dispositions
matérielles (legs de charité et de piété, dispositions
relatives la famille).
De ce beau travail, très substantiel, regorgeant de considérations
perspicaces, nuancées et sensibles, on tirera d'abord le constat
d'une laïcisation marquée, au point que les signes de piété
sont devenus tout-à-fait marginaux au terme de la période
étudiée. L'auteur s'interroge sur les causes de ce phénomène
(déchristianisation, recul du conformisme social, repli sur la sphère
familiale ou individuelle ?), sans conclure de manière catégorique.
Olivier RYCHNER, Quand Geelong prenait de la bouteille: vignerons
suisses et neuchâtelois dans la colonie de Victoria (Australie) [seconde
moitié du XIXe siècle], 1998, 144 p. (89 p. de texte
et 55 p. d'annexes) (13).
Dans l'histoire de l'émigration suisse, l'Australie occupe une
position secondaire dans la diversité des destinations des émigrants.
Le cas est toutefois intéressant dans la mesure où il s'agit
d'une émigration dite de "spécialistes" : principalement
de Tessinois vers les mines d'or d'une part (au milieu du siècle),
de vignerons romands et alémaniques d'autre part. Parmi ces derniers,
les Neuchâtelois établis dans l'Etat de Victoria dès
les années 1850 occupent une bonne place et leur nombre, très
difficile à saisir avec précision, s'exprime en centaines.
Olivier Rychner s'intéresse aux causes de cet aspect de l'émigration
neuchâteloise, soit aux facteurs d'attraction propre à l'Australie
de la seconde moitié du XIXe siècle - dont la politique d'incitation
migratoire australienne -, ainsi que, secondairement, aux facteurs répulsifs
locaux qui conduisent au déracinement. Il décrit également
les réseaux de communication et d'entraide, les mécanismes
de la "chaîne migratoire" qui rendent envisageable puis réel
ce mouvement. Mais c'est surtout aux circonstances de l'immigration
qu'est consacrée cette étude, qui a su bien mettre à
profit les archives neuchâteloises et surtout des fonds australiens
de premier intérêt, consultés sur place (entre autre
La Trobe Library, Melbourne; State Library of Victoria). Les deux principaux
centres de Geelong et de Lillydale font l'objet d'une analyse fouillée,
grâce notamment à des correspondances très riches d'enseignements.
A la fin du siècle, les difficultés économiques et
commerciales de même que la crise du phylloxéra provoqueront
le déclin de ces établissements, la réémigration,
le retour au pays ou la conversion de la plupart des vignerons à
d'autres activités.
Ce travail est une utile contribution à l'histoire des mouvements
migratoires, davantage dans le sens de l'histoire australienne de l'immigration
que de celui de l'émigration européenne, suisse ou
neuchâteloise.
XIXe-XXe Siècles
Christophe STAWARZ, La paix à l'épreuve. Le
pacifisme à La Chaux-de-Fonds de la fin du XIXe siècle
à la veille de la Première Guerre mondiale, 1999, 136
p. (14)
Le milieu chaux-de-fonnier est particulièrement propice, au
tournant du siècle, à l'éclosion de d'un mouvement
pacifiste polymorphe, que Christophe Stawarz définit triplement,
comme pacifisme à la fois "bourgeois", "ouvrier" et "chrétien
social". C'est à l'analyse des causes et des formes de cette présence
affirmée qu'il a consacré son travail, d'une grande richesse.
Sa démarche veut saisir le particulier (le cas de La Chaux-de-Fonds
) "à travers le prisme de l'universel", dans un va-et-vient constant
entre le microcosme urbain des Montagnes et le contexte international.
Il étudie d'abord les formes d'organisation du ou des mouvements
pacifistes, avec le souci de cerner les liens qui les unissent à
des structures et des réseaux internationaux. Puis il analyse le
discours de ces mouvements, leurs visions de la guerre et les références
idéologiques distinctes qui fondent ces conceptions. Il cherche
enfin à comprendre les modalités de parole et d'action des
pacifistes chaux-de-fonniers, en dégageant ce qui, selon lui, dans
les structures ou les caractéristiques propres à la ville,
peut expliquer le succès du pacifisme.
La presse engagée constitue une des sources principales de ce
beau mémoire, avec divers fonds privés conservés à
la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds (Fonds Paul Pettavel
notamment) ainsi que les archives de la section locale de la Société
suisse de la Paix.
Helène PASQUIER, La "chasse à l'hectolitre"
de la Brasserie Müller (S.A.). 1885-1953, 2000, 101 p. (70 p.
de texte et 31 p. d'annexes).
Le Fonds d'archives de la Brasserie Müller, conservé aux
Archives de la Ville de Neuchâtel, a pour l'essentiel permis la rédaction
de cette pénétrante étude d'une entreprise dont elle
veut comprendre la politique et la stratégie de vente, en particulier
la nature des liens établis avec la clientèle. Mais l'éclairage
monographique ou micro-économique se veut branché sur une
vision d'ensemble du marché de la bière en Suisse, en un
effort heureux de mise en perspective.
Dans le cadre de la brasserie helvétique, Müller, petite
entreprise familiale (filiation Müller-Schott-Uhler) créée
en 1860, occupe cependant une place très secondaire (entre 0,15
et 0,8 % de la production helvétique de 1888 à 1953). La
structure familiale de la maison, son évolution et les conséquences
de cette dernière sur son organisation sont tout d'abord observées.
Sont ensuite analysés les effets de l'innovation chimique et technique
dans la fabrication de la bière, bouleversant à la fin du
XIXe siècle la productivité et améliorant les possibilités
de conservation, contraignant les brasseurs à adapter le volume
d'une production de moins en moins artisanale aux possibilités de
vente; celles-ci, en particulier dans les débits de boisson, sont
limitées, notamment par la volonté de l'Etat; ces mutations
durcissent la compétition entre les entreprises, qui se livrent
dès lors à une "chasse à l'hectolitre" déstabilisante.
Comme les autres, la brasserie Müller recherche de nouveaux débouchés,
propres à contourner ce goulot d'étranglement. La problématique
fondamentale qui se pose en fait est celle de l'existence d'une marge de
manúuvre et du rôle de l'entrepreneur dans un environnement économique
donné, ou celle des rapports entre micro- et macro-économie.
Bastien BUSS, Vie quotidienne militaire et mentalité:
les troupes neuchâteloises mobilisées pendant la Première
Guerre mondiale, 1999, 133 p. (96 p. de texte et 37 p. d'annexes).
Utilisant des documents très divers, manuscrits ou imprimés,
hélas souvent lacunaires ou décevants, ce travail entend
décrire le morne quotidien des soldats neuchâtelois mobilisés
en 1914-1918. Il survole tour à tour le domaine ordinaire des activités
proprement militaires, les congés, les relations entre officiers
et soldats, évoque les événements exceptionnels et
s'efforce de rassembler les notations relatives au moral de la troupe et
aux relations entre militaires et civils.
Christian JACCARD, Le combat politique pour le droit de vote
et d'éligibilité des femmes dans le canton de Neuchâtel,
1996, 243 p. (163 p. de texte et 80 p. d'annexes).
Replaçant le cas neuchâtelois dans le cadre du combat
féministe international pour le suffrage féminin, l'auteur
resserre ensuite son champ de vision sur la Suisse, et enfin sur les combats
neuchâtelois, dont la description chronologique extrêmement
détaillée et surabondamment documentée constitue l'essentiel
du travail. Les archives et les publications de diverses associations féministes,
les textes parlementaires et législatifs cantonaux et fédéraux,
la presse neuchâteloise constituent l'essentiel d'une documentation
qui permet de retracer par le menu l'histoire de la conquête du suffrage
féminin dans le canton, de la création à Neuchâtel
en 1905 de l'Union féministe pour le suffrage féminin
au vote populaire de septembre 1959. L'accent est mis tout particulièrement
sur les votations populaires concernées (les trois refus de juin
1919, novembre 1941, mars 1948), dont l'étude permet de dégager
les argumentaires en présence.
Christophe JACCARD, L'Helvetia. Vivre la guerre à la
frontière franco-suisse (1939-1945). Entre témoignage oral
et source écrite, 2000, 124 p. (109 p. de texte et 15 p. d'annexes).
Entre ethnologie et histoire, ce mémoire, très orienté
vers la réflexion méthodologique, veut faire revivre, à
travers deux témoignages oraux, dont surtout celui (en partie transcrit)
de la tenancière d'un restaurant situé à la frontière
franco-suisse, face au poste de douane de l'Ecrenaz (vallée de La
Brévine), la manière dont la guerre y a été
vécue, dans le concret du quotidien. Il entend compléter
ainsi les travaux d'historiens consacrés au problème de l'asile
pendant la guerre, ou tout au moins montrer tout ce que l'histoire orale
pourrait apporter au dossier.
Philippe HENRY
*******
(1) La tradition de ces présentations
remonte à 1978: Rémy SCHEURER, "L'histoire neuchâteloise
dans les mémoires de licence ès lettres de 1968 à
1978", Musée neuchâtelois, 1978/4, pp.177-182; Louis-Edouard
ROULET, "L'histoire neuchâteloise dans les mémoires de licence
ès lettres de 1979 à 1982", Musée neuchâtelois,
1983/2, pp.68-72; Philippe HENRY, "L'histoire neuchâteloise dans
les mémoires de licence ès lettres de 1983 à 1988",
Musée neuchâtelois, 1989/4, pp.217-226; Philippe HENRY, "L'histoire
neuchâteloise dans les mémoires de licence ès lettres
de 1989 à 1994", Musée neuchâtelois, 1995/2, pp.81-96.
(2) Il faut insister sur cet adverbe.
Rendre compte en quelques lignes de travaux originaux qui peuvent compter
plus de deux cent pages est souvent bien difficile et réducteur;
je réclame l'indulgence des auteurs !
(3) Cahiers de l'Institut d'histoire,
Neuchâtel: No 3, Pierre-Yves CHATELAIN, Histoire et idéologie:
l'enseignement de l'histoire suisse dans l'école primaire neuchâteloise
(1850-1904), 1995; No 4, Damien BREGNARD, Le parcours du combattant: le
régiment de l'Evêché de Bâle au service de France
lors de la campagne de Corse (1768-1770), 1997.
(4) On peut ici compléter notre
recension de 1995 en précisant que deux des travaux alors présentés
ont été partiellement utilisés par leurs auteurs dans
la rédaction d'articles parus dans la Revue historique neuchâteloise-Musée
neuchâtelois : Diane SKARTSOUNIS, "Abram-Louis Sandoz, un fantôme
au musée ou la contribution d'un journal personnel à la muséologie",
Musée neuchâtelois, 1996/4, pp.291-301; Pierre-Yves CHATELAIN,
"Henri Elzingre: une histoire de manuels", Revue historique neuchâteloise,
1997/3-4, pp.321-334.
(5) Sandra LENA, "Neuchâtelois
du Haut et Neuchâtelois du Bas dans la seconde moitié du XVIIIe
siècle: une ou deux sensibilités ?", Revue historique neuchâteloise,
1999/3, pp.213-231.
(6) Cf. Corinne DORET, "La presse d'opposition
autour de 1831", dans Philippe HENRY (dir.), Conservatisme, réformisme
et contestation. Aux origines de la Révolution neuchâteloise
de 1848, Neuchâtel, Cahiers de l'Institut d'histoire, No 6, 1999,
pp.103-111.
(7) Cf. Laurent SESTER, "La question
de la presse à Neuchâtel, 1831-1848: législation, idéologie
et rapport au pouvoir", ibid., pp.113-122.
(8) Cf. David BERGER, "Les sociétés
de tir et la participation neuchâteloise aux tirs fédéraux
entre 1831 et 1848", ibid., pp.157-169.
(9) Cf. Bertrand KUNZI, "La mise en
place de la nouvelle administration: rupture ou continuité ?", ibid.,
pp.185-195.
(10) Cf. Valérie SIEGENTHALER,
"La laïcisation de l'école: enjeu social et débat dans
la presse neuchâteloise, de 1848 à 1872", dans Revue historique
neuchâteloise, 1998/3, pp.169-182.
(11) Cf. Séverine HUTIN, "Le
festspiel de 1898: Neuchâtel suisse", dans Philippe HENRY (dir.),
La mémoire de la Révolution neuchâteloise de 1848.
Du Cinquantenaire au Centenaire. 1898-1948, Hauterive, 1997, pp.106-137.
(12) Cf. Dominique LOVIS, "Le festival
de 1948: Pays de Neuchâtel, pièce en trois actes de Jules
Baillods", ibid., pp.138-154, et "Aspects des commémorations de
la naissance de la République neuchâteloise", dans Philippe
HENRY (dir.), Conservatisme, réforme et contestationÖ, op.cit.,
pp.197-209.
(13) Un résumé de ce mémoire
paraîtra dans la Revue historique neuchâteloise, 2001/1.
(14) Ce travail a été
présenté dans la Revue historique neuchâteloise, 2000/3,
pp.121-156, sous le titre: "La Chaux-de-Fonds à la veille de la
Première Guerre mondiale: une cité horlogère au cúur
du pacifisme international".
Adresse de l'auteur : Philippe Henry, Institut d'histoire de l'Université,
Faculté des lettres et sciences humaines, Espace Louis-Agassiz 1,
2000 Neuchâtel.
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