AVANT-PROPOS, n° 1-2, 2000

 Le comité responsable de l'édition de la Revue historique neuchâteloise s'efforce, depuis la lointaine naissance du Musée neuchâtelois en 1864, d'adapter le mieux possible cette publication aux exigences de l'époque. Au fil des décennies (ou même des siècles !), la présentation matérielle a évolué: le format, le nombre de pages, le rythme de parution, l'importance et le caractère de l'iconographie, le nombre des "livraisons" ont changé. Se sont ainsi succédé plusieurs "séries" de notre revue historique cantonale; la cinquième série a débuté en 1997, avec la modernisation du titre et la transformation de la couverture.

La réflexion sur l'avenir de la revue a été particulièrement développée au sein du comité ces dernières années. A l'extrême fin du XXe siècle, au moment où les formes de communication connaissent les mutations et les diversifications que nous savons, où les publications périodiques, loin d'être affaiblies par ce phénomène, tendent au contraire à se multiplier avec les facilités techniques apportées au travail d'édition, de nouveaux défis se présentent, de nouvelles concurrences se profilent. Nous devons aussi, une fois de plus, nous interroger sur les attentes des lecteurs.

Pour faire face, le comité, parallèlement à une réforme de structure qui a vu la naissance d'un comité de lecture aux responsabilités bien définies, a opté pour une révision du nombre des numéros. De quatre fascicules par année, de l'ordre d'une cinquantaine de pages chacun, nous passerons, tout en conservant approximativement le même volume rédactionnel global, à deux ou trois numéros, par regroupement de fascicules. C'est ainsi que paraît aujourd'hui le numéro 1-2 de l'année 2000; suivront les numéros 3, puis 4. Mais à l'avenir nous nous réservons la possibilité de faire paraître, au besoin, deux numéros doubles par année. Cette modification a pour but de donner plus de souplesse, plus de réflexion et plus de cohérence à notre politique éditoriale, sans l'enfermer dans un rythme de préparation par trop précipité, contraignant le secrétaire de rédaction à un travail à trop court terme, soumis à l'obligation de composer des assemblages pas toujours très satisfaisants de textes parfois hétéroclites, en fonction d'un calibrage dictatorial et d'un calendrier serré. Il s'agit aussi de se donner les moyens de publier plus souvent encore des numéros thématiques - par exemple issus des colloques biennaux organisés depuis quelques années par la Société d'histoire et d'archéologie du canton de Neuchâtel - ; le succès de ces numéros spéciaux, en particulier en dehors du canton, est réjouissant. Enfin l'opération de révision du rythme de parution a pour objet de stabiliser, voire de faire baisser les coûts de production.

Cette option, qui, encore une fois, ne porte nulle atteinte à notre nombre de pages annuel (elle pourrait même déboucher sur une extension), s'inscrit dans une tendance de longue durée, puisque le Musée neuchâtelois fut d'abord mensuel (1864-1900), puis bimestriel (1901- 1963), avant de passer à quatre numéros annuels (1964-1999). Elle va aussi dans le sens de ce qui se fait ailleurs, dans le cas de la plupart des revues cantonales d'histoire, dont beaucoup ne paraissent même qu'une fois par année. Le rôle joué par ces publications dans le paysage historiographique suisse ne doit pas être sous-estimé, les périodiques de portée véritablement nationale restant rares en Suisse dans le domaine historique. Les spécificités, les succès et les difficultés que rencontrent les autres revues cantonales peuvent aussi nous guider dans le recherche des solutions les plus propres à assurer l'avenir de la Revue historique neuchâteloise.

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Ce numéro est exclusivement consacré à un thème d'histoire culturelle bien connu à Neuchâtel mais encore jamais systématiquement analysé, soit la pratique des "changes" linguistiques, c'est-à-dire du placement temporaire d'un enfant ou d'un adolescent neuchâtelois en Suisse alémanique (ou vice-versa). L'auteur, Pierre Caspard, directeur de recherches à l'Institut national de recherche pédagogique/Service d'histoire de l'éducation, à Paris, docteur honoris causa de l'Université de Neuchâtel, est un fin connaisseur de l'histoire économique et culturelle de l'Ancien Régime neuchâtelois, à laquelle il a consacré de très nombreuses études, toutes aussi solides que novatrices. Nous nous réjouissons de pouvoir publier une nouvelle fois dans notre revue le résultat substantiel de ses travaux.

Pour le comité de rédaction
Philippe HENRY, président

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